RDC: l'ONU souligne que "les attaques contre le personnel des Nations Unies pourraient constituer des crimes de guerre”

Photo d'illustration
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Les attaques des drones, qui ont ébranlé le quartier Himbi, situé dans la ville de Goma, dès l'aurore de ce mercredi 11 mars, ont touché la résidence d'une humanitaire Française travaillant pour l'UNICEF, Karine Buisset, tuée sur place. Inquiète, l'ONU rappelle que les attaques contre son personnel pourraient constituer des crimes de guerre. 

À travers un communiqué qui condamne l'escalade malgré l'engagement du cessez-le-feu proposé et accepté par la rébellion et le gouvernement de Kinshasa, le chef intérimaire de la MONUSCO, Bruno Lemarquis insiste que  «les attaques contre le personnel des Nations Unies pourraient constituer des crimes de guerre conformément au Statut de Rome établissant la Cour pénale internationale».

Il rappelle aux parties les obligations qui sont les leurs au regard du droit international humanitaire, y compris les principes de distinction et de protection des populations civiles et des sites civils. Face à cette attaque qui a également fait deux morts parmi les civils, l'ONU souhaite que la lumière soit faite sur les circonstances de cet incident, soulignant «la nécessité de mener une enquête rapide, indépendante et crédible afin d’identifier les responsables et de les traduire en justice».

Pour la rébellion, Kinshasa est responsable de ces actes qu'elle présente comme une violation du cessez-le-feu. Elle déplore en même temps, ce qu'elle qualifie de silence des partenaires internationaux. 

Le chef de l’État français, Emmanuel Macron, qui a confirmé la mort de cette humanitaire française agent de l’UNICEF, a lui aussi appelé au respect du droit international humanitaire. Il a rappelé que ces humanitaires s’engagent pour sauver des vies dans cette partie du pays, où la situation sécuritaire et humanitaire demeure préoccupante et précaire, à la suite des violents combats opposant l’AFC/M23 aux forces gouvernementales.

Une humanitaire française de l'UNICEF a été tuée à Goma. À sa famille, à ses proches, à ses collègues, j'adresse le soutien et l'émotion de la Nation. J'appelle au respect du droit humanitaire et des personnels qui sont sur place et qui s'engagent pour sauver des vies", a réagi sur X Emmanuel Macron, chef de l'État Français.

La ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, est contrôlée par l’AFC/M23 depuis janvier 2025, soit une année et un mois déjà, après des opérations militaires appuyées par le Rwanda, causant des milliers de morts et des blessés parmi la population civile. Depuis, elle sert de quartier général à la rébellion qui continue d'étendre sa conquête également dans la province du Sud-Kivu. 

Samyr LUKOMBO