Frappes de drones sur Goma : l’AFC/M23 appelle les médiateurs et la communauté internationale à tirer les conséquences 

Bisimwa, Nangaa, Kimbulungu
Bisimwa, Nangaa, Kimbulungu

La ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, vient d’être secouée par des frappes de drones attribuées aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), causant des dégâts matériels et humains, dont la mort d’une Française humanitaire de l’UNICEF. Ces frappes interviennent dans un contexte de combats généralisés sur plusieurs fronts dans l’est de la RDC, opposant la rébellion de l’AFC/M23 aux forces gouvernementales.

Au cours d’une conférence de presse tenue ce mercredi 11 mars à Goma, le coordonnateur politique de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, a accusé le régime de Félix Tshisekedi d’être à l’origine des violations répétées du cessez-le-feu par ses frappes aériennes. L’ancien président de la CENI a également appelé les médiateurs des processus de paix à tirer les conséquences face à l’option choisie par le régime Tshisekedi.

"Alors que les efforts des pays engagés dans les cadres de Doha et de Washington, avec l’implication du Qatar, des États-Unis, de l’Union africaine et de la médiation conduite par la présidence angolaise, appellent au respect du cessez-le-feu et à l’ouverture d’un dialogue inclusif entre les Congolais, le régime de Monsieur Tshisekedi persiste dans le langage de la force et de la violence. La tragédie de cette nuit, de ce matin, rappelle une vérité simple : lorsqu’un pouvoir choisit de bombarder les quartiers résidentiels, la violence ne distingue ni nationalité ni statut. L’AFC-M23 appelle les médiateurs et la communauté internationale à tirer toutes les conséquences de cette étape grave. On ne peut pas parler de paix le jour et bombarder les civils la nuit ", a fait savoir Corneille Nangaa. 

Selon un bilan provisoire communiqué par la rébellion de l’AFC/M23, trois morts ont déjà été enregistrés. 

Alors que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) avait recensé une baisse des incidents affectant les humanitaires en janvier 2026, cette attaque visant la ville de Goma relance une nouvelle fois le débat sur la sécurité des travailleurs humanitaires dans le conflit qui secoue l’est de la RDC. Selon l’OCHA, 37 incidents affectant les acteurs humanitaires ont été enregistrés dans l’est de la RDC en janvier 2026, soit une baisse par rapport aux 48 incidents recensés en décembre 2025.

Bien avant ces incidents qui touchent désormais la ville de Goma, dans une déclaration conjointe rendue publique  jeudi 5 mars, la Belgique, le Danemark, l’Union européenne, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni et les États-Unis d’Amérique ont exprimé leur profonde inquiétude face aux violations récentes et continues des cessez-le-feu dans l’Est de la RDC. Ces cessez-le-feu avaient été garantis par la signature des Accords de Washington le 4 décembre 2025 et par l’engagement pris à Doha le 19 juillet 2025 en faveur d’un cessez-le-feu permanent et d’une cessation définitive des hostilités.

Selon ces États, ainsi que l’Union européenne et les États-Unis d’Amérique, membres du Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs (GCI), présidé par la Suède, ces violations incluent notamment l’utilisation de drones lors d’attaques militaires, mettant gravement en danger les populations civiles. Toutes les parties concernées doivent, selon eux, s’engager de toute urgence et sans ambiguïté à cesser les hostilités et à reprendre les négociations. Ils estiment par ailleurs qu’il ne peut y avoir de solution militaire à ce conflit.

Sur la scène internationale, les initiatives diplomatiques, notamment les processus de Washington et de Doha, appuyés par l’Union africaine, progressent sur le papier, mais peinent encore à produire des résultats concrets sur le terrain, dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’entre Kinshasa et l’AFC/M23

Clément MUAMBA