RDC : un rapport place l'Ituri, les Nord et Sud Kivu, et le Tanganyika à la tête des provinces avec un taux élevé de population en détresse alimentaire

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Place de l'indépendance à Bukavu/Ph. ACTUALITE.CD

«Approche conjointe pour l’évaluation de la sécurité alimentaire et de la nutrition», c’est le titre du nouveau rapport national, publié par l’Institut national de la statistique (INS) en collaboration avec le programme national de nutrition (PRONANUT) et le programme alimentaire mondial (PAM). Il présente une situation globale de la sécurité alimentaire dans les 11 provinces et dans le territoire de Pweto (Haut-Katanga), en RDC. 

Le document, consulté par ACTUALITÉ.CD, présente une situation globale marquée par une vulnérabilité structurelle, dont les estimations indiquent que 77,3% des ménages de la zone d’étude sont affectés par l’insécurité alimentaire. 

L’étude a déniché deux valables d’insécurité alimentaire, l’une modérée et l’autre sévère. Le premier, à en croire le rapport, est une situation avec 60,1%, traduisant ainsi une vulnérabilité où le maintien de la consommation se fait au prix d’une décapitalisation des avoirs et d’un recours systématique à des stratégies de substances fragilisantes. 

Le deuxième, par contre, représente 17,2%, est une prévalence identifiant les foyers les plus démunis, confrontés à des ruptures de consommation ou à une indigence totale, rendant toute survie dépendante d’une assistance. 

Ituri, Nord et Sud-Kivu et le Tanganyika où la zone rouge ? 

Si d’autres provinces affichent des signes de résilience, les provinces de l'Ituri, Nord et Sud-Kivu et le Tanganyika, situées dans l'Est de la République démocratique du Congo, regroupent, elles, plus de 60% de la population totale en détresse alimentaire.  Le rapport mentionne Mahagi et Djugu, deux territoires ayant franchi chacun la barre symbolique du million de personnes en très forte besoin d’une assistance, situation à la base des défis logistiques et humanitaires sans équivalent. 

Au centre du pays, dans le Kasaï central et le Kasaï, en outre, le document signale d’autres poches de forte densité de population en détresse apparaissent, estimées à 2,3 millions de personnes. 

«La vitesse de gradation, combinée à une croissance démographique de 3,2 % par an, indique que sans intervention structurelle d’envergure, le volume de population basculant dans l’insécurité alimentaire continuera de croître mécaniquement», alerte l’INS.