Alors que Félix Tshisekedi était reçu mercredi à l’Élysée par Emmanuel Macron, la situation sécuritaire se dégradait de nouveau dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, marqué par des contre-offensives de l’AFC/M23 et de nouveaux déplacements de civils. À Goma, l’arrivée du nouveau commandement du mécanisme conjoint de vérification intervient dans un contexte où la mise en œuvre du cessez-le-feu peine encore à se concrétiser sur le terrain. L’essentiel de l’actualité de ce mercredi.
Paris et Kinshasa : la Francophonie au cœur d’un nouveau face-à-face diplomatique
Félix Tshisekedi et Emmanuel Macron se sont rencontrés mercredi 25 février à l’Élysée pour un entretien en tête-à-tête. Outre la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo, les échanges ont porté sur la candidature de Kinshasa au secrétariat général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), selon la présidence congolaise.
La France, par la voix d’Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, s’est dite « ouverte » aux candidatures, tout en rappelant l’importance du rôle de la RDC au sein de l’organisation. Les candidatures peuvent être déposées jusqu’au 15 mai.
Cette séquence ouvre une confrontation diplomatique avec le Rwanda, qui soutient la candidature de Louise Mushikiwabo pour un troisième mandat. Le choix du prochain secrétaire général interviendra lors du sommet de la Francophonie prévu les 15 et 16 novembre 2026 au Cambodge.
Nord-Kivu : intensification des combats à Masisi
Les affrontements se sont intensifiés mercredi dans plusieurs localités du territoire de Masisi.
À Kasenyi, dans le groupement Kibabi, l’AFC/M23 a lancé une contre-offensive pour reprendre cette agglomération perdue dimanche au profit des FARDC appuyées par les wazalendo. Des détonations d’armes lourdes et légères ont été entendues, provoquant de nouveaux déplacements de population.
À Kazinga, dans le groupement Nyamaboko 1, les combats ont repris après une tentative de reconquête des rebelles, délogés dans la matinée. La situation demeure évolutive, les lignes de front changeant rapidement.
À Kibanda, dans le même groupement, des militaires et wazalendo venus de Buhimba (Walikale) ont lancé une offensive contre des positions de l’AFC/M23. Les combats ont été signalés dans plusieurs villages environnants.
Ces opérations interviennent dans un contexte marqué par des frappes aériennes récentes des FARDC, notamment à Kishusha, près de Rubaya.
Rubaya isolée après une nouvelle coupure des télécommunications
Depuis le 24 février, la cité minière de Rubaya est privée de réseaux de télécommunications. Plusieurs opérateurs sont hors service, paralysant les communications et les services de mobile money, principal moyen d’échange dans la zone.
La coupure intervient après les frappes par drone qui ont notamment coûté la vie au porte-parole militaire de l’AFC/M23, Willy Ngoma. Aucune explication officielle n’a été donnée sur les raisons de l’interruption.
Mécanisme de cessez-le-feu : arrivée du nouveau commandement du MCVE+
Le général zambien Charles Simuyuni Nakeempa, commandant du Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (MCVE+), est arrivé mercredi à Goma. Sa mission s’inscrit dans le cadre de la redynamisation du mécanisme de surveillance du cessez-le-feu issu de l’accord signé à Doha en octobre 2025.
Parallèlement, une mission conjointe MONUSCO–CIRGL est déployée à Uvira du 23 au 27 février pour préparer le mécanisme de suivi, conformément à la résolution 2808 (2025) du Conseil de sécurité.
La mise en œuvre du dispositif reste freinée par son caractère encore partiellement opérationnel.
Uvira : ouverture symbolique de la frontière avec le Burundi
Une délégation gouvernementale conduite par le vice-Premier ministre Jacquemain Shabani est arrivée à Uvira pour marquer symboliquement la relance des échanges au poste frontalier Kavimvira-Gatumba. Le poste est ouvert depuis le 23 février.
La visite intervient dans un contexte sécuritaire encore fragile, limitant le séjour de la délégation. La réouverture vise à relancer l’économie régionale après plusieurs mois de fermeture liés aux tensions sécuritaires.
Kinshasa : un homicide d’une extrême violence à Kisenso
Un homme d’une trentaine d’années a été arrêté à Kisenso, soupçonné d’avoir tué sa mère, de l’avoir découpée et d’avoir conservé des fragments du corps dans un congélateur. Les autorités locales évoquent un différend lié à une dette. Le suspect a été placé en détention. Les autorités annoncent l’ouverture d’un procès en flagrance.