Commission Vérité et Réconciliation : « La NOGEC a apprécié notre initiative et nous a encouragés dans cette démarche » (Dodo Kamba)

Photo d'illustration
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La croisade pour la mise en place d’une Commission vérité et réconciliation, censée préparer le terrain en vue d’un dialogue national inclusif et apaisé, se poursuit dans l’environnement sociopolitique congolais, dans un contexte marqué par les appels pressants des acteurs sociopolitiques pour la convocation de ce dialogue afin de faire face à la guerre d’agression rwandaise menée via la rébellion de l’AFC/M23 dans l’Est du pays, ainsi qu’à d’autres crises sociopolitiques.

Portée par le Conseil interreligieux congolais (CIC), dirigé par l’archevêque Dodo Kamba, l’initiative a été présentée ce mercredi 25 février 2026 à la Nouvelle Génération pour l’Émergence du Congo (NOGEC), formation politique de l’ancien ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux Constant Mutamba, actuellement en détention, mais représenté par son président par intérim, le député national Van Walesa Kapenda.

Devant la presse, l’archevêque Dodo Kamba a indiqué que la NOGEC, formation politique chère à Constant Mutamba, avait accueilli favorablement l’initiative de création d’une commission « Vérité, Réconciliation et Cohésion Nationale ». Cette initiative, a-t-il rappelé, vise à ouvrir la voie à un dialogue national inclusif, fondé sur la décrispation politique et la justice transitionnelle.

"Il faut admettre ici que la NOGEC a apprécié notre initiative et a dit que si de telles initiatives étaient lancées plus tôt, ça aurait évité peut-être beaucoup de cas que nous déplorons ici dans notre pays. Nous apprécions à sa juste valeur la position prise par la NOGEC qui a consisté à nous encourager dans cette démarche. C'est émouvant et c'est très encourageant en même temps", a confié l'archevêque Dodo Kamba à l'issue de l'entretien

Par la même occasion, la NOGEC a transmis au CIC ses préoccupations concernant la situation de son autorité morale, Constant Mutamba. Sur ce point, l’archevêque Dodo Kamba a rassuré que ces doléances seront intégrées dans le rapport de la délégation et présentées aux autorités compétentes.

"Partout où nous passons, nous collectons les desideratas et puis nous allons dresser un rapport à mi-parcours que nous remettrons à qui de droit, question de prodiguer quelques orientations en termes de conseils pour trouver également la décrispation que nous souhaitons" a-t-il fait savoir dans sa restitution

Réaffirmant le caractère pastoral de sa mission, l’archevêque Dodo Kamba a souligné que le CIC entend " proposer et prodiguer des conseils en vue de favoriser la décrispation ", tout en invitant à "dialoguer et échanger autour du relèvement du pays", dans un cadre complémentaire aux démarches déjà engagées par le Président de la République.

En prélude à un dialogue national en gestation, le Conseil interreligieux congolais (CIC), cadre de concertation interconfessionnelle et composante de la société civile soutenant cette initiative, estime que tout dialogue politique intégrant des personnes ayant pris les armes en dehors du cadre constitutionnel devrait être précédé de la mise en place d’une Commission vérité et réconciliation.

S’inspirant de l’expérience sud-africaine, le représentant légal des Communautés Unies du Réveil (CUR), Israël Dodo Kamba, affirme que cette démarche permettrait à la République démocratique du Congo d’éviter la création d’un précédent fâcheux, consistant à légitimer la voie des armes comme moyen acceptable de faire entendre ses revendications sur la scène politique nationale. Selon lui, le dialogue demeure la meilleure opportunité de fédérer les différentes opinions, et un tel mécanisme pourrait inciter les fautifs à reconnaître leurs torts, à demander pardon et à contribuer à l’instauration d’une paix durable.

Sur la scène internationale, les initiatives diplomatiques progressent sur le papier mais peinent à produire des résultats concrets sur le terrain, dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’entre Kinshasa et l’AFC/M23. Face à ce statu quo, l’AFC/M23 continue d’administrer de vastes pans du territoire national dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Clément MUAMBA