RDC-Lualaba: une organisation de la société civile saisit le ministre des Mines pour autoriser les travaux de dépollution de la rivière Musonoï 

La rivière Musonoï dans le Lualaba
La rivière Musonoï dans le Lualaba

L’Action Citoyenne de Lutte contre les Discours de Haine en RDC (ACLDH) a adressé une lettre ouverte au ministre des Mines pour dénoncer la crise humanitaire, sanitaire et environnementale qui frappe les populations riveraines de la rivière Musonoï, dans la province du Lualaba, des suites des activités minières. 

Depuis plus de 16 ans, de grandes quantités d’influents toxiques, dont l’acide sulfurique, sont déversées dans ce cours d’eau de 35 kilomètres de long et 25 mètres de profondeur, transformant une source de vie en un foyer de souffrances pour plus de 40 000 habitants. 

Les villages, tels que Kamimbi, Sadam, Kasobantu, Musa ou Kipepa subissent de plein fouet, selon cette organisation de la société civile engagée dans la promotion des droits humains, de la cohésion sociale et de la protection des communautés vulnérables, les conséquences de cette pollution : terres agricoles stérilisées, accès à l’eau potable compromis, hausse des maladies et conditions de vie de plus en plus précaires.

« Depuis plusieurs années, les communautés concernées alertent sur les conséquences de la pollution de cette rivière, devenue autrefois source de vie, mais aujourd’hui source de souffrance pour des milliers de familles. Selon les informations recueillies auprès des populations locales, la dégradation de l’environnement s’est accompagnée d’une détérioration continue des conditions de vie des habitants », peut-on lire dans cette lettre. 

Dans sa lettre, l’ACLDH plaide pour l’octroi immédiat, par le ministre de tutelle, d’un moratoire de douze mois à une coopérative minière mandatée par les communautés locales pour entreprendre des travaux de curage et de dépollution de la rivière. Cette initiative, soutenue par un partenaire technique, écrit cette organisation, représente un espoir concret de réhabilitation environnementale et de protection des populations.

L’ACLDH rappelle que le droit à la santé, à l’eau potable et à un environnement sain est garanti par l’article 53 de la Constitution congolaise. Elle estime que les considérations économiques ou administratives ne peuvent primer sur la dignité et la survie des communautés riveraines.