Lualaba : les corps des quatre creuseurs toujours pas extirpés six jours après un éboulement à Tshipuki, la colère monte sur le site

Creseur artisanal
Un creseur artisanal dans mine de cobalt/Ph. ACTUALITE.CD

Six jours après l’effondrement d’un puits dans la carrière Nyoka, sur le site minier de Tshipuki, au Lualaba, quatre creuseurs artisanaux demeurent coincés sous les décombres. Alors que les familles attendent toujours l’extraction des corps, des creuseurs artisanaux dénoncent de graves défaillances dans l’encadrement des activités minières et réclament une intervention de l’État.

À la carrière Nyoka, le temps semble suspendu depuis le drame survenu le 28 mai dernier. Sous des tonnes de terre et de pierres, quatre creuseurs artisanaux restent ensevelis après l’effondrement d'un puits, plongeant leurs familles et leurs collègues dans une attente douloureuse.

Les activités minières sont totalement à l’arrêt. Les marteaux se sont tus et les galeries se sont vidées. Autour du puits effondré, des groupes de creuseurs observent en silence ce trou béant devenu le symbole d'un nouveau drame de l'exploitation minière artisanale dans la province du Lualaba.

Selon plusieurs travailleurs rencontrés sur place, les contrôles techniques destinés à garantir la sécurité des puits n'auraient pas été effectués avant les descentes. Ils dénoncent un manque d'encadrement et estiment que certaines défaillances auraient pu être évitées.

Les mêmes témoins affirment que des hommes se réclamant de la famille présidentielle, accompagnés de militaires, exerceraient une influence sur les activités du site et empêcheraient les techniciens chargés de l'encadrement d'accomplir leur mission. Ces allégations n'ont, à ce stade, fait l'objet d'aucune réaction de la part des personnes citées.

Depuis l'accident, plusieurs creuseurs affirment également que les responsables qui supervisaient les activités sur le site ont quitté les lieux. Une situation qui alimente davantage la colère et l'incompréhension parmi les mineurs ainsi que les proches des victimes.

Dans le quartier Musonoi, voisin du site minier, l'émotion reste vive. Pour Evariste Ndume, président des Jeunes Dynamiques de Musonoi, ce drame remet en lumière les défis liés à la sécurité dans les exploitations artisanales. Il appelle les autorités à reprendre le contrôle de cette zone minière et à faire toute la lumière sur les circonstances de l'éboulement.

Alors que les heures continuent de s'égrener, une seule attente demeure pour les familles : voir enfin les corps des quatre creuseurs remonter à la surface. Six jours après le drame, la carrière Nyoka reste figée dans le silence, entre deuil, colère et nombreuses interrogations.

Timothée Prince ODIA