À quelques heures de la journée ville morte annoncée par l’opposition à Kinshasa, ce mercredi 3 juin 2026, le ministre de la fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a rappelé aux cadres et agents quelques principes de l’administration publique, dont l’apolitisme, la neutralité de l’administration, l’assiduité ainsi que la tenue des listes de présence.
Dans une note de service destiné aux Secrétaires généraux, inspecteurs généraux chefs de service et directeurs généraux de l’administration publique à Kinshasa, ce membre du gouvernement a signifié que l’appel à la journée ville morte de l’opposition «ne s'inscrit ni dans le respect des dispositions pertinentes de la Constitution de la République, ni des prescrits légaux et réglementaires en vigueur ».
S’appuyant sur l’article 193 de la Constitution du 18 février 2006, qui souligne l’apolitisme de l’administration publique, sa neutralité et son impartialité, et sur les articles 1er et 3 du décret portant règlement de l’administration relatif à l’administration, Jean-Pierre Lihau met en garde les cadres et agents quant à la journée de demain, annonçant que les rapports des présences et des absences sont attendus au plus tard le 20 juin prochain.
« Les cadres et agents qui, durant la période considérée et, plus singulièrement, durant les journées concernées par les mobilisations politiques, se rendraient absents de leurs postes de travail, sans motif légalement valable, ne pourraient s’en prendre qu’à eux-mêmes quant aux conséquences qui pourraient en découler, au regard des textes en vigueur », prévient le patron de la fonction publique.
À lui de rappeler que : « l’apolitisme et la neutralité, en ce que l'administration se doit de se tenir toujours à l'écart de toute forme d'activisme politique, de sorte qu'aucun agent ne saurait se prévaloir d'appel ou de mots d'ordre politiques pour se soustraire à ses obligations de service ; l'assiduité, en ce que la présence effective au poste constitue, pour tout agent, une obligation essentielle ».
Le ministre Jean-Pierre Lihau annonce à cet effet le déploiement des missions d'inspection dans tous les services publics à dater de ce mardi 2 juin, c'est pour « s’assurer du fonctionnement régulier des services publics et du respect effectif des obligations de présence au poste de travail ».
Malgré la contre compagne de ce premier test de l’opposition nouvellement reconfigurée à Kinshasa, les leaders de la coalition article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel sont plus déterminés à faire barrage aux ambitions affichées de l’Union sacrée de changer de la loi fondamentale, qui, d’après eux, dissimulent la volonté de Félix Tshisekedi de demeurer au pouvoir au-delà de 2028.
Samyr LUKOMBO