Kamitatu sur Tshisekedi : « Un chef qui n'est pas informé n'est pas innocent, il est inutile »

Les rebelles du M23 dans la ville de Bukavu
Les rebelles du M23 dans la ville de Bukavu

Lors du Space live animé ce lundi par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, Olivier Kamitatu a dressé un réquisitoire sévère contre la gestion sécuritaire de Félix Tshisekedi, revenant en détail sur les circonstances qui ont conduit à la montée en puissance de l'AFC/M23 à l'est du pays.

Le constat de départ est factuel : en 2019, quand Tshisekedi arrive au pouvoir, le M23 n'occupe aucun territoire congolais. Le pays est réunifié. Six ans plus tard, plus de deux cents groupes armés opèrent sur le territoire national, contre une cinquantaine à l'époque. « Cette guerre, il ne l'a pas trouvée quand il est arrivé au pouvoir », a tranché Kamitatu.

Sur les origines du regain de tension avec le M23, le directeur de cabinet de Moïse Katumbi a pointé une séquence que le pouvoir préfère aujourd'hui taire. Le mouvement rebelle invité à Kinshasa par le régime lui-même, ses officiers libérés alors qu'il venait d'être défait militairement. Le gouvernement leur aurait offert le gîte et le couvert pendant près d'un an, avant une rupture dont les causes n'ont jamais été expliquées au peuple congolais. « On ne sait pas pourquoi on les a invités. On ne sait pas pourquoi on a libéré leurs officiers », a-t-il relevé.

Face aux dénégations répétées du président, qui affirme n'avoir jamais été informé de ces négociations, Kamitatu a été cinglant. « Un chef qui n'est pas informé n'est pas innocent, il est inutile », a-t-il lancé. Et d'ajouter : « L'ignorance une fois, c'est une excuse. Mais répéter ça à chaque scandale, c'est une méthode. » Une formule qui résume, selon lui, le mode de gouvernance d'un président qui se lave les mains de chaque affaire, jusqu'à en devenir suspect.