La formation de 2 500 nouveaux magistrats lancée en novembre de l’année dernière dans les villes de Kinshasa et Lubumbashi par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), s’est clôturée le samedi 21 février dans la salle des Congrès du Palais du Peuple à Kinshasa.
Cette session intensive, d’une durée de trois mois, avait pour objectif de renforcer l’efficacité, l’éthique, la compétence et la déontologie des magistrats. Cette étape sera suivie de leur déploiement dans les différentes juridictions du pays, afin de contribuer au renforcement de l’appareil judiciaire, confronté depuis plusieurs années à des carences chroniques en personnel.
Conscient de certaines pratiques ancrées dans la magistrature congolaise, où certains magistrats refusent de se rendre à leur lieu d’affectation, privilégiant des provinces jugées " juteuses " au détriment d’autres, le président du CSM, Dieudonné Kamuleta, a exhorté les nouveaux magistrats à se rendre partout où ils seront affectés pour servir la République.
"Maintenant que la formation est terminée, l'heure est aux affectations sur toute l'étendue du territoire national. Répondez là où la nation va vous appeler à exercer vos fonctions. C’est pourquoi je vous rappelle, anciens comme nouveaux magistrats, d’éviter de courir derrière les affectations intéressées. Courez plutôt derrière l’excellence et la rigueur. La compromission et la médiocrité vous rattraperont tôt ou tard et porteront atteinte à votre dignité si vous recherchez la facilité", a interpellé le Président du Conseil Supérieur de la Magistrature, Dieudonné Kamuleta.
M. Kamuleta a exhorté ses nouveaux collègues à mettre en pratique tout ce qu’ils ont appris durant leur formation. "Vos formateurs vous ont transmis un esprit : l’esprit de la profession, l’esprit de l’autorité, l’esprit de la grandeur et de la discipline, l’esprit de la responsabilité et de la redevance envers la nation et le peuple", a-t-il indiqué.
"Comme nous, croyez en vous, car nous croyons que parmi vous il y aura certainement les hauts magistrats de demain : de futurs procureurs généraux, de futurs premiers présidents des hautes juridictions, des auditeurs généraux, et j’en passe.La formation que vous venez d’achever constitue la première pierre d’un édifice que vous devez consolider tout au long de votre carrière. Continuez à apprendre encore et encore, à vous perfectionner et à cultiver l’excellence, car une justice forte repose sur des magistrats compétents, mais surtout sur des magistrats intègres", a souligné M. Kamuleta.
Cette formation initiale de la deuxième cohorte de 2 500 nouveaux magistrats (nommés en mars 2025) a été lancée en novembre 2025 à Kinshasa et à Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga, avec pour objectif de consolider l’État de droit, redresser l’appareil judiciaire et lutter contre l’impunité.
Cette cohorte, ajoutée à la première de 2 500 magistrats, permet d’atteindre le chiffre de 5 000 magistrats dits de "l’État de droit", recrutés depuis 2022. Cette initiative s’inscrit dans la volonté de moderniser et de moraliser la justice congolaise. La formation des 2 500 nouveaux magistrats a été dispensée par 86 formateurs, répartis en 31 modules, sur deux sites, à savoir Kinshasa et Lubumbashi (Haut-Katanga).
Cette démarche du gouvernement de la République vise à fluidifier le traitement des affaires et à améliorer l’accès à la justice pour une population de plus de 100 millions d’habitants, dans un pays où le nombre de magistrats était jusque-là dramatiquement insuffisant, estimé à environ 3 000 avant ces recrutements.
Clément MUAMBA