Genève : la 62e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU s’ouvre, la RDC au menu

Illustration. Conseil des droits de l'homme ONU/Photo ONU
Illustration. Conseil des droits de l'homme ONU/Photo ONU

Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies tient sa soixante-deuxième session ordinaire du 15 juin au 7 juillet 2026 au Palais des Nations, à Genève, en Suisse.

Selon un communiqué de l’ONU parvenu à ACTUALITE.CD, la session s’ouvrira à 10 heures, lundi 15 juin, sous la présidence de l’ambassadeur Sidharto Reza Suryodipuro, d’Indonésie. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, prononcera l’allocution d’ouverture et présentera son rapport annuel. Le Conseil se réunira dans la salle de l’Assemblée du Palais des Nations.

Selon le même rapport, pendant près de quatre semaines, le Conseil examinera plus de 60 rapports présentés par le Secrétariat de l’ONU et le Haut-Commissariat aux droits de l’homme, ainsi que par des experts et d’autres organes d’enquête, sur de nombreux sujets relatifs à la situation des droits de l’homme dans une vingtaine de pays. Au total, le Conseil tiendra 25 dialogues interactifs.

"Le Conseil prévoit d'organiser, au titre du point 2 de l’ordre du jour, des dialogues interactifs renforcés avec la Mission internationale indépendante d’établissement des faits pour le Soudan et le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en Érythrée, et, au titre du point 4, avec la Commission d’enquête sur la situation des droits de l’homme dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu en République démocratique du Congo" lit-on dans le programme

Cette session intervient ou coïncide avec le récent séjour à Kinshasa des experts de la Commission chargée d’établir les faits sur les graves violations des droits humains commises dans l’Est de la République démocratique du Congo. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la résolution A/HRC/RES/S-37/1 du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

Adoptée en février 2025, quelques jours après l’occupation des villes de Goma, au Nord-Kivu, et de Bukavu, au Sud-Kivu, par la rébellion de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda, cette résolution condamne les graves violations des droits humains perpétrées dans l’Est de la RDC, en particulier dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

À l’issue de la 60e session, le président du Conseil des droits de l’homme, l’ambassadeur Jürg Lauber (Suisse), avait annoncé la nomination de trois experts chargés de conduire l’enquête internationale sur les violations présumées des droits humains dans l’Est de la RDC. La commission d’enquête indépendante est présidée par Arnauld Akodjenou (Bénin), avec la participation de Maxine Marcus (Allemagne/États-Unis) et de Clément Nyaletsossi Voule (Togo).

La mission de cette commission consiste à enquêter et à établir les faits relatifs aux violations présumées des droits humains et du droit international humanitaire, y compris les violences sexuelles et sexistes, les exactions contre les femmes, les enfants et les personnes déplacées internes, ainsi que les éventuels crimes internationaux commis depuis la dernière escalade des hostilités en janvier 2025.

Les trois experts auront également pour tâche d’identifier les auteurs présumés et les entités impliquées dans ces violations, afin de garantir que les responsables répondent de leurs actes. Le Conseil des droits de l’homme a demandé à la commission d’effectuer une première mission sur le terrain d’ici janvier 2026, de présenter une mise à jour orale en juin-juillet 2026, puis de soumettre un rapport complet entre février et avril 2027. Ce rapport sera également transmis à l’Assemblée générale des Nations Unies lors de sa 82e session.

Face aux contraintes financières, la mission d’enquête internationale a pris du retard dans son déploiement, contrairement au calendrier initialement prévu. À cela s’ajoutent la poursuite des violations et la détérioration de la situation des droits de l’homme, en raison de l’activisme des groupes armés.

Clément MUAMBA