La journée de samedi a été dominée par la poursuite des violences dans l’est de la République démocratique du Congo, sur fond de crispations politiques à Kinshasa et d’une aggravation de la crise humanitaire dans plusieurs territoires du Sud-Kivu.
Combats à Kavumu, psychose à Kabare
À Kavumu, dans le territoire de Kabare (Sud-Kivu), des affrontements ont opposé les éléments de l’AFC/M23 aux Wazalendo. Selon des sources locales, les combats ont débuté dans la matinée, avant une accalmie, puis une reprise en soirée vers 18 h 30.
Des habitants évoquent des « crépitements de balles » entendus de Katana à Kavumu. La circulation sur l’axe Bukavu–Kavumu a été perturbée, notamment sur le tronçon Katana–Kavumu, où des belligérants auraient installé des armes, contraignant des riverains à se confiner.
Ces affrontements s’inscrivent dans un contexte d’escalade plus large attribuée à la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda selon Kinshasa.
Déplacements massifs et accès humanitaire entravé
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) fait état, dans son aperçu du mois de janvier rendu public le 17 février, d’une instabilité persistante dans les territoires de Walungu, Kabare, Fizi, Mwenga et Kalehe.
À Walungu, plus de 105 000 personnes nouvellement déplacées ont été signalées depuis le début du mois dans plusieurs zones de santé. À Fizi, entre le 26 et le 29 janvier, au moins 41 800 personnes ont fui l’intensification des combats. À Mwenga, environ 18 400 personnes ont été contraintes de quitter leurs localités le 14 janvier. À Kalehe, qui héberge déjà plus de 415 600 déplacés selon la Commission de mouvement de population, les affrontements ont paralysé des activités socio-économiques et accru les risques de protection.
Les partenaires humanitaires rapportent des besoins urgents en nourriture, soins de santé, abris, eau, hygiène et protection. L’accès humanitaire demeure limité dans plusieurs zones.
Frappes aériennes et tensions régionales
Un rapport mensuel du Kivu Security Tracker de l’institut Ebuteli, rendu public le 19 février, mentionne une intensification des offensives aériennes dans l’est du pays. Le 2 janvier, une frappe par drone des FARDC à Masisi aurait causé la mort de sept civils et blessé quarante personnes. D’autres frappes ont visé des positions de l’AFC/M23 à Uvira, Walikale et autour de Pinga.
Dans la nuit du 31 janvier au 1er février, l’aéroport international de Bangboka, à Kisangani, a été ciblé par des drones kamikazes revendiqués par l’AFC/M23, selon le rapport. Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a condamné cette attaque, évoquant une violation grave du droit international humanitaire.
Ces développements interviennent malgré les processus de médiation engagés à Washington et à Doha, qui peinent à produire des effets visibles sur le terrain.
Nouveau front contre les arrestations « arbitraires »
À Kinshasa, un Front de Lutte contre les Arrestations Abusives et Arbitraires (FLAAR) a été lancé le 20 février. Composé de membres de la société civile, de juristes, d’artistes et d’acteurs politiques, il dénonce une recrudescence d’interpellations en dehors des procédures régulières.
Dans sa déclaration, lue par le député national honoraire Ados Ndombasi, le FLAAR invoque l’article 18 de la Constitution et affirme vouloir documenter les violations, assister juridiquement les victimes et saisir, le cas échéant, les instances judiciaires internationales.
Le Conseil national de cyberdéfense (CNC), créé en 2023 et rattaché à la Présidence, est cité dans plusieurs cas dénoncés par le front, notamment ceux de Parole Camisello et de Nathanaël Onokomba. Les autorités concernées n’ont pas réagi dans les éléments rapportés.
Par ailleurs, la plateforme Lamuka a condamné l’attaque du 16 février contre le cortège de Martin Fayulu à Kinshasa et a saisi le vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, appelant à une enquête.
Inondations à Maï-Ndombe et actualité sportive
À Botanakasa, dans le territoire de Bolobo (Maï-Ndombe), une pluie survenue vendredi a détruit une centaine de maisons, trois écoles et six églises, selon des acteurs locaux. Plusieurs ménages ont passé la nuit à la belle étoile.
Sur le plan sportif, la RDC s’est imposée 3-1 face au Gabon lors de la deuxième journée du tournoi qualificatif à la CAN U17 de l’UNIFFAC, disputée au stade Tata Raphaël. Le Cameroun, vainqueur de la Centrafrique (2-0), prend la tête du classement.
Enfin, l’ancien secrétaire général aux Sports, Barthélémy Okito, est décédé samedi 21 février des suites d’une crise d’hypertension, selon des sources familiales. Administrateur de longue date, il a notamment exercé treize ans à la tête du secrétariat général aux Sports.