Mont-Ngafula: des maisons écroulées, des biens matériels détruits suite à la forte pluie de ce vendredi à Kinshasa 

Une maison écroulée à Mont-Ngafula
Une maison écroulée à Mont-Ngafula

La pluie a encore fait des dégâts ce vendredi à Kinshasa. Précisément dans la commune montagneuse de Mont-Ngafula, plusieurs maisons se sont écoulées. Dans un silence assourdissant, des volontaires récupèrent sous les décombres, des meubles, appareils électroménagers endommagés et tant d'autres bien que les eaux de la pluie ont enfoui dans le sable. 

La pluie qui s'est abattue aux premières heures sur tout Kinshasa, a occasionné des dégâts incalculables au quartier Tshibanda et au plateau des professeurs, situés dans la commune de Mont-Ngafula, où la terre continue de s'éroder.

Sur avenue Mbange, dans la localité de Cogelos, des eaux qui ont débordé dans les caniveaux nouvellement construits au plateau des professeurs de l'Université de Kinshasa, ont trouvé le passage en dessous de la fondation de la clôture des résidences,  créant  des érosions sur deux parcelles où deux maisons d'habitation ont vu leurs murs écroulés. 

Maître Bilal est l'une des victimes des averses de ce matin. Il relate s'être réveillé depuis 5 heures pour tenter de dévier les eaux qui coulaient avec une vitesse «jamais vue» en provenance du plateau des professeurs. 

« C'est depuis 5 heures que je me suis réveillé pour voir comment l'eau était en train de détruire ma maison. J'ai réveillé toute ma famille et nous sommes sortis. Moi-même j'ai vu comment l'eau entrait dans la parcelle avec une vitesse jamais vue, parce que je suis ici depuis 2007, et je n'ai jamais vu une pression de cette ampleur», témoigne-t-il. 

Visiblement résilient, cet avocat attribue  ces dégâts aux mauvais travaux qu'exécute une entreprise chinoise qui construit une route dans le plateau des professeurs. 

Le problème qui se pose est que, les eaux qui viennent de chevaux (un carrefour à l'entrée de plateau des professeurs) et celles qui viennent de l'entrée de Bingoto convergaient vers la résidence d'un professeur ont formé un lac, créant une érosion qui les fait passer jusqu'à nous atteindre», a-t-il expliqué à ACTUALITÉ.CD.

Sa femme, qui dormait encore, dit avoir failli être emportée par la pression des eaux quand elle a vite sauté du lit, qui sera enterré par le sable. 

Guelord, un autre habitant de Cogelos, est très fâché. D'après lui, malgré les efforts du gouvernement de débourser des moyens pour construire la route, critique tout de même la lenteur avec laquelle l'entreprise chinoise mène les travaux. 

« Nous sommes menacés par la pluie. Nous avons presque tout perdu. On doit non seulement faire des travaux, on doit également intensifier des suivis, parce que le mois d'avril arrive», prévient-il devant une tête d'érosion. 

Vu l’état dans lequel se trouvent les deux maisons dont les fondements sont fortement creusés, le pire est à craindre si une autre pluie s’improvisait.

Samyr LUKOMBO