Lualaba : un décès au parquet déclenche des violences à Dilolo, habitations, prison incendiées et détenus en fuite

Lualaba. Visuel ACTUALITE.CD
Lualaba. Visuel ACTUALITE.CD

La cité de Dilolo-Gare, dans le territoire de Dilolo (province du Lualaba), à la frontière entre la République démocratique du Congo et l’Angola, a basculé dans la violence jeudi 9 juillet après le décès d’un homme au cours d’une audition au parquet. En colère, des jeunes ont incendié le parquet près le tribunal de paix, provoqué l’évasion de plusieurs prisonniers et saccagé des habitations. Les faits ont été confirmés à ACTUALIT.CD par Socrate Kakom Tshikos, administrateur du territoire assistant de Dilolo.

Selon les informations recueillies, la victime, identifiée comme Leke Mulekesa, avait été interpellée à la suite d’une plainte déposée par son épouse. Souffrant au moment de sa comparution, il aurait sollicité son transfert vers un établissement de santé. Sa demande n’aurait pas été prise en compte immédiatement.

Quelques instants plus tard, l’homme s’est effondré au cours de son audition. Évacué par la suite vers l’hôpital, il y a été déclaré mort.

L’annonce de son décès a provoqué une vive colère au sein de la population. Des jeunes se sont dirigés vers le parquet près le tribunal de paix, qu’ils ont incendié. Le bâtiment a été entièrement ravagé par les flammes, entraînant la destruction de plusieurs documents judiciaires.

Les violences ont également touché d’autres édifices publics. Parmi les bâtiments incendiés figure l’ancien bureau de la cité de Dilolo, où des motos appartenant à la Police nationale congolaise ont été emportées, selon l’autorité territoriale.

Les manifestants ont ensuite attaqué la maison carcérale de Dilolo. Plusieurs prisonniers se sont évadés et sont toujours en fuite.

Les violences se sont également étendues à des habitations. La résidence de l’officier de police judiciaire (OPJ) ayant entendu la victime ainsi que celle de sa sœur biologique ont été saccagées puis incendiées par des manifestants.

Socrate Kakom Tshikos, administrateur du territoire assistant de Dilolo, a confirmé à ACTUALITE.CD les violences, l’incendie du parquet, les dégâts enregistrés ainsi que l’évasion des prisonniers. Il a indiqué que les autorités s’emploient à rétablir l’ordre et à évaluer l’ampleur des dommages.

Les circonstances exactes du décès de Leke Mulekesa restent à établir. Une enquête devra permettre de faire la lumière sur cette affaire, qui a plongé Dilolo dans une grave crise sécuritaire après une soirée de violences.

Timothée Prince ODIA