Washington : auprès de Tshisekedi, Fayulu insiste sur le rôle central du duo CENCO-ECC dans tout processus de dialogue national et plaide pour une inclusivité maximale

Félix Tshisekedi et Martin Fayulu lors d'une rencontre organisée par la CENI pour les candidats présidents de la République en 2023
Félix Tshisekedi et Martin Fayulu lors d'une rencontre organisée par la CENI pour les candidats présidents de la République en 2023

Deux mois après son séjour à Washington, aux États-Unis d’Amérique, au cours duquel il avait entériné, avec son homologue rwandais Paul Kagame, les accords de Washington visant à rétablir la paix et la sécurité dans la région des Grands Lacs, Félix Tshisekedi s’est de nouveau rendu dans la capitale américaine. Il y a pris part jeudi 5 février à la 74ᵉ édition du National Prayer Breakfast, le célèbre "petit-déjeuner de prière " américain.

Cet événement, organisé chaque année, réunit des responsables politiques, des leaders religieux, des décideurs économiques ainsi que des figures influentes de la société civile venues de quatre coins du monde. 

Ce rendez-vous, où se croisent foi, diplomatie et réseaux d’influence internationaux, a également enregistré la participation de l’opposant Martin Fayulu, ainsi que de responsables de la CENCO et de l’ECC, deux confessions religieuses majeures de l’environnement sociopolitique congolais. 

Selon des sources d’ACTUALITE.CD, les organisateurs de cet événement annuel ont facilité une rencontre entre le président Félix Tshisekedi et l’opposant Martin Fayulu. Cet échange a permis au leader de l'ECIDE d’insister sur le rôle central que doivent jouer la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC) dans tout processus de dialogue national.

Par la même occasion, Martin Fayulu a également plaidé pour une inclusivité maximale, afin que toutes les composantes politiques et sociales de la RDC soient représentées, dans un contexte marqué par les appels persistants à une réconciliation et à un dialogue pour consolider la paix et la stabilité, notamment dans l’est du pays.

Après plusieurs appels insistants des acteurs sociopolitiques congolais en faveur de la convocation urgente d’un dialogue national pour faire face à la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, le chef de l’État, Félix Tshisekedi, a profité de la cérémonie d’échange de vœux avec les diplomates et ambassadeurs accrédités en RDC pour faire le point sur cette initiative très attendue. Tshisekedi a reconnu que, dans ce contexte particulier, l’unité nationale s’impose plus que jamais comme une exigence fondamentale. 

Toutefois, il a posé des conditions : ce dialogue ne doit en aucun cas remettre en cause les institutions issues des élections. Il doit se tenir sur le territoire national et sous la conduite des institutions de la République. Ce dialogue intérieur, aussi nécessaire soit-il, ne saurait se substituer aux obligations internationales : il ne peut être invoqué ni pour relativiser une agression ni pour diluer des responsabilités clairement établies, a insisté le président de la République.

Le cadre fixé par Félix Tshisekedi pour la tenue d’un dialogue national est contesté du côté de l'opposition congolaise. En  optant pour un dialogue piloté par les institutions de la République, la démarche de Félix Tshisekedi est perçue, dans l’environnement sociopolitique congolais, comme une volonté d’écarter du jeu le duo CENCO-ECC. Jusqu’à ce jour, ces deux confessions religieuses font pourtant largement consensus comme médiatrices auprès d’une bonne partie des partis de l’opposition et des organisations de la société civile. Du côté du pouvoir, en revanche, il leur est reproché un manque de neutralité, notamment en raison de leur refus de reconnaître l’agression rwandaise à travers l’AFC/M23.

Alors que le dialogue national tarde à être convoqué, les initiatives diplomatiques, à savoir le processus de Washington, qui vise à gérer les tensions entre Kigali et Kinshasa, ainsi que celui de Doha, consacré à la crise entre Kinshasa et l’AFC/M23, avancent sur le papier, mais peinent à produire les résultats escomptés sur le terrain. Sur le terrain, il reste marqué par une escalade des violences sur plusieurs fronts dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, à l’Est de la RDC.

Clément MUAMBA