La Première ministre, Judith Suminwa, a présidé ce mercredi 28 janvier à Kinshasa, la cérémonie du lancement de l’atelier national de l’initiative du système d’alerte précoce pour tous (Early Warning for All) pour répondre efficacement aux catastrophes naturelles. Pendant deux jours, soit du 28 au 29 de ce mois, les experts devront notamment examiner les liens, les synergies et l’alignement entre les initiatives et investissements existants et futurs en matière de SAP (système d’alerte précoce) et consolider les engagements des principaux acteurs.
Dans son speech, la cheffe du gouvernement a indiqué que l’exécutif national accorde une importance particulière à la prévention des catastrophes, à la protection des vies humaines et à la sauvegarde de l'économie nationale. Estimant que l’anticipation des risques devrait être au cœur de l’action publique, Judith Suminwa explique que les risques de catastrophes naturelles sont causés entre autres par « la démographie galopante, couplée à l'urbanisation sauvage et aux constructions anarchiques », pronant la rupture avec « une approche essentiellement réactive, coûteuse et insuffisante pour bâtir un système national fondé sur la prévention, l'anticipation et la résilience ».
Le vice-premier ministre chargé de l’intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières, Jacquemain Shabani, a souligné l’exposition élevée et croissante des populations congolaises aux risques de catastrophes climatiques, naturelles, sanitaires et technologiques, citant notamment les inondations récurrentes, les glissements de terrain, les coulées de boue, les sécheresses localisées ainsi que les épidémies, responsables de l’effacement continu des communautés, et de la fragilisation des infrastructures.
Missionné en RDC exclusivement pour cette problématique, Kamal Kishore, représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR) a, d’emblée, reconnu que le pays est secoué par une « double crise » : des phénomènes météorologiques extrêmes, tels que des inondations, aggravés par les effets des conflits et des déplacements massifs de population. Cet humanitaire a dévoilé les avantages directs des système d’alerte précoce : « ils peuvent réduire jusqu'à six fois la mortalité liée aux catastrophes et jusqu'à 30 % les pertes économiques liées aux catastrophes lorsque les alertes sont émises au moins 24 heures à l'avance », a-t-il déclaré.
K. Kishore a enchainé son discours à travers son appel à l’investissement dans le domaine de réduction des risques de catastrophe « afin de protéger les vies et les moyens de subsistance ».
L’émissaire d’Antonio Guterres en RDC a chuté par l’énumération des éléments reflétant un système d’alerte précoce efficace, essentiels à la réduction nationale des risques de catastrophe. Il s’agit : de la compréhension des risques et qui est vulnérable ; la clarification des rôles et des responsabilités ; la mobilisation de financements, et le renforcement de l'action locale pour garantir que personne ne soit laissé pour compte.
Lors d’une conférence presse d'avant cet atelier, mardi au ministère de l’intérieur et sécurité, le vice premier ministre Jacquemain Shabani avait affirmé que « les systèmes d’alerte précoce en RDC demeurent fragmentés, sectoriels et géographiquement inégaux ».
Samyr LUKOMBO