Est de la RDC : le Togo réaffirme sa disponibilité à œuvrer avec les États-Unis et le Qatar pour la mise en œuvre des accords signés

Signature declaration de principes à Doha entre le gouvernement et AFC/M23
Signature declaration de principes à Doha entre le gouvernement et AFC/M23

Malgré l’implication de l’ancien président américain Donald Trump et l’accélération apparente du processus de Washington, matérialisée par l’entérinement des accords par les présidents de la République démocratique du Congo et du Rwanda, Félix Tshisekedi et Paul Kagame, la situation sur le terrain peine à s’améliorer. Kinshasa et Kigali ne parviennent pas toujours à parler le même langage, et les tensions persistent sur fond d’accusations mutuelles de non-respect des engagements pris dans le cadre des initiatives diplomatiques en cours, notamment le processus de Washington sous l’égide de l’administration Trump.

Il en va de même pour les discussions de Doha, menées sous l’égide de l’Émir du Qatar, entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, qui peinent à produire des résultats concrets sur le terrain. Ces négociations, censées compléter les accords de Washington en s’attaquant aux causes profondes du conflit — notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés  restent au point mort, malgré la signature de plusieurs instruments, dont l’Accord-cadre et le mécanisme de cessez-le-feu.

C’est dans ce contexte que la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs, et plus particulièrement dans l’Est de la RDC, a été au centre des discussions lors de la réunion de haut niveau sur la cohérence et la consolidation des processus de paix en République démocratique du Congo, tenue le samedi 17 janvier 2026 à Lomé, au Togo. Initiée par Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil des ministres de la République togolaise et médiateur principal désigné par l’Union africaine (UA) pour l’Est de la RDC, cette rencontre a réaffirmé sa volonté de travailler en coordination avec les États-Unis et le Qatar afin d’encourager les différentes parties à honorer leurs engagements.

"Le Médiateur a réaffirmé sa disponibilité à œuvrer conjointement avec les États-Unis d’Amérique et l’État du Qatar, ainsi qu’avec toutes les parties prenantes, à la mise en œuvre des accords signés et à la poursuite des négociations de Doha entre le Gouvernement de la RDC et l’AFC/M23; la Réunion de haut niveau a souligné la nécessité de renforcer l’harmonisation, la cohérence et la coordination entre toutes les initiatives de paix, afin de tirer parti des synergies existantes et d’éviter toute fragmentation des efforts de médiation, au détriment de la paix et de la stabilité dans l’est de la RDC", rapporte le communiqué final rendu public à l'issue des travaux.

D’après le communiqué officiel, la réunion a souligné la nécessité d’assurer une étroite harmonisation avec les initiatives internationales, afin de garantir la cohérence des messages, le respect de l’ordre politique et l’alignement du soutien extérieur sur les priorités définies dans le cadre de la médiation. Dans le même esprit, la réunion de haut niveau a appelé les parties à accélérer la mise en œuvre de bonne foi de leurs engagements respectifs et à privilégier les moyens pacifiques pour la gestion et le règlement du conflit.

Cette rencontre avait pour objectif de renforcer la confiance, de faire progresser le dialogue et de veiller au respect des engagements pris par les différentes parties prenantes. Elle a réuni autour d’une même table un panel de facilitateurs composé d’anciens chefs d’État, du ministre togolais des Affaires étrangères Robert Dussey, des dirigeants de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), ainsi que d’autres partenaires. Cette initiative s’inscrit dans le prolongement des efforts internationaux récents visant à répondre à l’instabilité sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Cette inertie diplomatique continue toutefois de favoriser la poursuite de violents affrontements entre l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, et les forces gouvernementales. Malgré l’annonce, faite pour la deuxième fois, par la rébellion de l’AFC/M23 de se retirer de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, en laissant cette agglomération sous le contrôle de la communauté internationale, ce mouvement rebelle et ses alliés restent déterminés à poursuivre leurs conquêtes territoriales dans l’Est de la RDC.

Faure Essozimna Gnassingbé a succédé à João Manuel Gonçalves Lourenço comme médiateur désigné par l’Union africaine dans le conflit sécuritaire à l’est de la RDC, après validation de sa nomination par les instances de l’organisation panafricaine. Il est appelé à travailler en coordination avec les facilitateurs du processus de paix fusionné de Luanda et de Nairobi, conformément aux décisions issues du sommet conjoint virtuel de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), tenu le 24 mars 2025.

Clément MUAMBA