Est de la RDC : "les efforts menés par les Africains doivent désormais être prioritaires, donnant ainsi un sens concret au principe des solutions africaines aux problèmes africains" (UA)

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Réunion de haut niveau à Lomé au Togo

Les travaux préparatoires à la réunion de haut niveau sur la cohérence et la consolidation du processus de paix en République démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs se sont ouverts ce vendredi 16 janvier 2026 au Palais des Congrès de Lomé, au Togo. Cette session, qui se tient un jour avant les travaux proprement dits prévus samedi 17 janvier 2026, a réuni un panel de facilitateurs composé d’anciens chefs d’État, du ministre des Affaires étrangères du Togo, des dirigeants de la Communauté d’Afrique de l’Est et de la Communauté de développement de l’Afrique australe, ainsi que d’autres partenaires.

Initiée par Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil des ministres de la République togolaise et médiateur principal désigné par l’Union africaine (UA) pour l’est de la RDC, cette réunion de haut niveau a pour objectif de renforcer la confiance, de faire progresser le dialogue et de veiller au respect des engagements pris par les différentes parties prenantes. Cette initiative s’inscrit dans le prolongement des efforts internationaux récents.

À cette occasion, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a prononcé un discours à l’ouverture de la session. Selon un communiqué de l’Union africaine consulté par ACTUALITE.CD, il a réaffirmé l’engagement indéfectible de l’Afrique à mettre fin à la crise dans l’est de la RDC et a salué le leadership du président Faure Essozimna Gnassingbé pour avoir accepté le mandat de médiateur de l’UA, conformément aux valeurs du panafricanisme.

"Constatant que, malgré de multiples initiatives de médiation, la violence persiste à Goma, Bukavu et Uvira, faisant des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés, la présidente a souligné que les efforts menés par les Africains doivent désormais être prioritaires, donnant ainsi un sens concret au principe des solutions africaines aux problèmes africains", renseigne le communiqué de l'Union africaine.

Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf a également souligné la nécessité d'un cadre proactif et inclusif favorisant le dialogue entre la RDC et le Rwanda, impliquant les pays voisins, s'attaquant aux causes profondes du conflit, préservant la souveraineté de la RDC, répondant aux préoccupations légitimes du Rwanda et de l'Ouganda en matière de sécurité et soutenant le Burundi face à l'afflux croissant de réfugiés.

"Il a remercié les gouvernements des États-Unis et du Qatar pour leur rôle essentiel en complément des efforts de l'Union africaine. La présidente a conclu en soulignant que l'Afrique doit faire preuve de courage, d'unité et de responsabilité collective dans la poursuite de la paix", ajoute le communiqué.

Cette démarche intervient dans un contexte où, malgré l’implication du président américain Donald Trump et l’accélération apparente du processus de Washington, matérialisée par l’entérinement des accords par les présidents de la République démocratique du Congo et du Rwanda, Félix Tshisekedi et Paul Kagame, la situation sur le terrain peine à s’améliorer. Kinshasa et Kigali ne parviennent pas toujours à parler le même langage, et les tensions persistent sur fond d’accusations mutuelles de non-respect des engagements pris dans le cadre des initiatives diplomatiques en cours, en particulier le processus de Washington sous l’égide de l’administration Trump.

Il en est de même pour les discussions de Doha, menées sous l’égide de l’Émir du Qatar, entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, qui peinent à produire des résultats concrets sur le terrain. Ces négociations, censées compléter les accords de Washington en s’attaquant aux causes profondes du conflit  notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés restent au point mort. Plusieurs mesures convenues, notamment depuis la publication du communiqué conjoint d’avril dernier, la signature du mécanisme de cessez-le-feu, de la déclaration de principes, et plus récemment de l’accord-cadre, n’ont toujours pas été mises en œuvre.

Cette inertie diplomatique continue de favoriser la poursuite de violents affrontements entre l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, et les forces gouvernementales. En dépit de l’annonce, faite pour la deuxième fois par la rébellion de l’AFC/M23, de se retirer de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, en préférant céder cette agglomération à la communauté internationale, ce mouvement rebelle et ses alliés sont loin d’abandonner leur volonté de poursuivre leurs conquêtes territoriales dans l’est de la République démocratique du Congo.

Faure Essozimna Gnassingbé a succédé à João Manuel Gonçalves Lourenço comme médiateur désigné par l’Union africaine dans le conflit sécuritaire à l’est de la RDC, après validation de sa nomination par les instances de l’organisation panafricaine. Il est appelé à travailler en coordination avec les facilitateurs du processus de paix fusionné de Luanda et de Nairobi, conformément aux décisions issues du sommet conjoint virtuel de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), tenu le 24 mars 2025.

Clément MUAMBA