Quatre militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), sur un total de huit poursuivis dont trois officiers supérieurs, ont été condamnés ce vendredi 2 janvier par la Cour militaire du Nord-Kivu à Lubero-centre puis renvoyés de l’armée.
La Cour avait ouvert depuis le mercredi 31 décembre 2025 le procès de huit militaires dont un lieutenant-colonel, un major, un capitaine, un sergent-major ainsi que des soldats de rang, poursuivis pour violations de consignes, détournement des deniers privés et meurtre.
Un lieutenant-colonel et un sergent-major ont été acquittés. En revanche, un capitaine et un soldat de rang ont été condamnés à deux ans de servitude pénale avec sursis.
Ce dossier trouve son origine dans une opération dite de « Banque Lambert », pratiquée par l’un des prévenus, qui consistait à confisquer la prime d’un militaire depuis près de trois mois. Face à cette situation, le militaire concerné, en colère, avait décidé de dissiper des munitions de guerre afin de réclamer son argent.
Au cours de cette opération, le militaire a été mortellement atteint par balles après l’intervention d’un autre soldat envoyé pour le maîtriser, entraînant ainsi l’ouverture de poursuites judiciaires contre plusieurs responsables hiérarchiques et exécutants impliqués.
« La cour est descendue à Lubero pour juger en procédure de flagrance les commandants des unités qui violent la consigne du chef de l’état-major général des FARDC qui interdit aux militaires la pratique de Banque lambert. A cause de cette pratique de la Banque lambert, beaucoup de militaires sont en train de déserter, de fuir parce que leur argent est toujours pris par leurs commandants. Nous visons à renforcer la discipline militaire qui passe par l’obéissance. Si le commandement n’obéit pas, c’est déjà l’indiscipline qui commence au sommet, ça va se répercuter sur la base et ça aura des effets négatifs sur le rendement même des troupes sur terrain », a souligné le lieutenant-colonel Yoma Mukoko, officier du ministère public.
Ce procès militaire, présenté comme pédagogique, portait sur une affaire jugée complexe, mettant en lumière des pratiques financières internes à l’armée susceptibles de provoquer de graves dérives disciplinaires et criminelles.
Du côté de la défense, une satisfaction partielle a été exprimée concernant l’interdiction de la « banque lambert ».
Josué Mutanava