Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont présenté ce samedi 3 janvier à Kinshasa, sept militaires rwandais ainsi que 8 civils ressortissants des pays de la sous-région, capturés lors des combats contre les rebelles de l’AFC/M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Selon le lieutenant-colonel Mak Hazukay Mongba, commandant adjoint du service de communication et d’information des FARDC, chargé des opérations et du renseignement, il s’agit de nouvelles preuves attestant de l’agression rwandaise sur le territoire congolais.
"Depuis le début de cette guerre, la République Démocratique du Congo a toujours affirmé avec des preuves qu'elle est agressée par le Rwanda. Aujourd'hui, les FARDC vous ont invité pour vous présenter 7 militaires rwandais et 8 civils ressortissants des pays de la sous région capturés pendant les opérations militaires au Nord et Sud-Kivu. L'occupation jusqu'à aujourd'hui d'Uvira se trouvant très loin de ses frontières prouve que la raison des mesures défensives avancées par Kigali est un pure mensonge", a déclaré le lieutenant-colonel Mak Hazukay.
Selon cet officier de l’armée congolaise, le Rwanda ne se limite pas à agresser la RDC, mais ambitionne également de régionaliser la crise en manipulant des ressortissants de certains pays de la région.
"Il est aussi observé qu'en manipulant certains ressortissants des pays de la sous région et des groupes armés comme des Red-Tabara, le Rwanda cherche à régionaliser le conflit. En dépit de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies et de la signature de l’Accord de Washington le 4 décembre 2025, le Rwanda maintient jusqu’à ce jour ses troupes sur le territoire congolais", a ajouté l’officier.
Dans la catégorie des civils arrêtés, le lieutenant-colonel Hazukay a révélé qu'il y a un Burundais arrêté à Uvira pour apologie du terrorisme au profit du M23/Red-Tabara, un autre Burundais arrêté à Uvira pour connivence et espionnage au profit du M23/Red-Tabara. Une autre personne a été arrêtée à Kinshasa pour espionnage au profit des rebelles. Dans cette catégorie, il y a également des Tanzaniens et des Ougandais.
Ces révélations des FARDC interviennent dans un contexte d’accusations mutuelles entre Kinshasa et Kigali concernant le non-respect des engagements pris dans le cadre des initiatives diplomatiques en cours. Si, grâce à l’implication du président américain Donald Trump, le processus de Washington semble avoir connu une accélération sur le papier, avec l’entérinement des accords par les deux chefs d’État Félix Tshisekedi pour la RDC et Paul Kagame pour le Rwanda, les discussions de Doha entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, peinent à produire des avancées concrètes.
Ces négociations, censées compléter les accords de Washington en s’attaquant aux causes profondes du conflit, notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés, restent pour l’instant au point mort, sans progrès tangible depuis la signature de l’accord-cadre sous l’égide de l’État du Qatar. Plusieurs mesures convenues depuis la publication du communiqué conjoint en avril n’ont toujours pas été mises en œuvre.
Cette inertie a favorisé la reprise de violents affrontements entre l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, et les forces gouvernementales sur plusieurs fronts dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Clément MUAMBA