Goma et son calvaire sécuritaire : encore quatre personnes tuées par balle

Une vue de la ville de Goma. PH/ACTUALITE.CD

L’insécurité continue de frapper la ville de Goma, où une jeune femme et son fils ont été tués ce jeudi 3 avril par des inconnus armés sur l’avenue Majengo, dans le quartier de Lac Vert (commune de Goma).

D’après une source locale, qui a rapporté l’incident à Actualité.cd, les victimes ont été ciblées par des bandits qui ont réussi à fuir sans laisser de trace après leur attaque. Le chef du quartier de Lac Vert, Dedesi Mitima, a précisé que ces présumés bandits avaient auparavant commis un meurtre sur l’avenue Xaverie, tuant un autre jeune garçon dans la nuit, vers 23h. Lors de la même attaque, trois autres personnes ont été grièvement blessées et reçoivent actuellement des soins à l’hôpital CBCA Ndosho.

Il est à noter que l’intervention des forces de l’ordre a eu lieu plusieurs heures après l’attaque. Lors de cette opération, des éléments de la patrouille du M23 ont réussi à abattre un présumé voleur, portant ainsi à quatre le nombre de personnes tuées ce soir-là dans le quartier de Lac Vert.

Ce meurtre survient seulement un jour après celui d’un jeune artiste tué dans des circonstances floues au quartier de Kyeshero. Jusqu’à présent, les autorités n’ont pas encore pu déterminer les responsables de cet acte.

Depuis le début de la semaine, au moins 14 personnes ont été tuées dans des incidents violents à Goma.   

L’insécurité est désormais un phénomène récurrent dans plusieurs quartiers tels que Kasika, Kyeshero, Majengo, Mabanga Sud, Katoyi et Lac Vert, où les citoyens subissent régulièrement des attaques nocturnes. À Kasika, les habitants de l’avenue Nyandondo, près du terrain scout et des écoles Kamanyola, dénoncent la persistance de l’insécurité. À Katindo 2, particulièrement autour du rond-point chez Roxy, la peur est omniprésente, alimentée par l’inaction des nouvelles autorités.

Dans le secteur de Soleil Levant, à Kiziba 2, les résidents affirment ne plus pouvoir dormir paisiblement, car des voleurs rôdent librement. Les tambours d’alerte résonnent chaque nuit.

Ce dernier meurtre souligne l’instabilité persistante dans cette partie du pays, où les affrontements entre groupes armés et l'absence de justice rendent les civils particulièrement vulnérables. Les autorités du M23-AFC, qui administrent la ville depuis deux mois, n’ont pas encore réagi officiellement, mais l’inquiétude grandit parmi les résidents, qui appellent à une réponse immédiate et à de meilleures mesures de sécurité.  

L’arrivée du groupe armé M23-AFC à Goma en janvier dernier semble avoir aggravé cette situation d’insécurité. Avec plus de 4 000 détenus évadés de la prison de Munzenze errant désormais dans la ville, les tensions, les disparitions et les meurtres se sont multipliés, créant une atmosphère de peur et de méfiance parmi la population. Malheureusement, les autorités locales n’ont pas encore mis en place de mesures concrètes pour maîtriser cette vague d’insécurité qui continue de déstabiliser la ville de Goma.

Josué Mutanava, Goma