Chronique électorale de ACTUALITECD (J3) : Pas de cadeau, même pas pour Denis Mukwege

Kash/Série électorale
Kash/Série électorale

Pas de temps à perdre. Seth Kikuni, Augustin Matata Ponyo et Franck Diongo ont rejoint l’équipe de campagne de Moïse Katumbi. Vêtus de blanc, les trois hommes foulent le sol de Buta (Bas-Uélé) avec un large sourire, accompagnant leur champion après avoir officialisé la veille leur ralliement. Le grand voyage a commencé sur les routes du Congo profond avec pour objectif de faire triompher l’ancien gouverneur (Katumbi). Celui-ci ne compte pas reculer. Aussi ouvert aux échanges pour une candidature commune soit-il, il s’est engagé à se soumettre à la sanction des urnes, déployant ses moyens pour parvenir à cette fin. Dans son camp, on espère d’autres ralliements, notamment celui de Denis Mukwege. Mais ce n’est pas gagné d’avance.

Cependant, certains chez Katumbi gardent espoir. Ils estiment que l’essentiel, à savoir le programme commun, a été élaboré en prenant en compte les contributions des délégués de quatre candidats aux négociations de Pretoria.

« Denis Mukwege est passionné par la lutte contre l’impunité et la promotion de la justice transitionnelle. Delly Sesanga est plus sensible aux questions des réformes institutionnelles, Augustin Matata Ponyo a davantage mis l’accent sur la stabilisation du cadre macro-économique, Moïse Katumbi a insisté sur l’assainissement du climat des affaires et la réduction du train de vie des institutions. Chacun a mis du sien et chacun est censé se retrouver », a confié un proche de Katumbi. De plus, ajoute-t-il, Katumbi attend que les autres viennent à lui, étant donné que les critères fixés à Pretoria pour parvenir à la candidature commune sont remplis par lui.

Pour rappel, les délégués de quatre candidats avaient tous participé à l’élaboration de ces critères. Cependant, la pondération a été fixée par la facilitation et les résultats étaient sans appel, explique l’entourage de Katumbi. S’agissant du Prix Nobel de la paix, qui espère également être le candidat commun, les proches de Katumbi appellent au réalisme : « Denis Mukwege a un rayonnement important et un carnet d’adresses fourni, mais tout cela ne compte que si tu es élu. Il doit d'abord être élu, et c’est de cela dont on parle ».

De son côté, Delly Sesanga n’a pas encore dit son dernier mot. Il n’a pas non plus rejoint Moïse Katumbi. « Il résiste, mais qu'est-ce qu'il peut apporter ? Matata Ponyo a un ancrage et une influence dans la province de Maniema, et Delly Sesanga, où est son influence ? Nous parlons de la fonction présidentielle. Cela demande une certaine modestie », dit un analyste. Les proches de Sesanga, quant à eux, mettent en avant les dernières mobilisations de leur leader et surtout son apport intellectuel.

« Nous ne sommes pas dans la construction intellectuelle. Nous sommes en politique. La logique n’est toujours pas la même », ajoute un proche de Katumbi. Cependant, il maintient les portes ouvertes : « Tout n’est pas perdu. Les passerelles sont maintenues et doivent le rester ». Il ajoute : « En politique, rien n’est jamais définitivement fixé. Nous sommes encore à la première semaine de la campagne. Nous ne sommes pas encore devant les urnes. Jusqu’à la dernière minute, des ralliements peuvent se produire ». Cependant, il tempère : « On ne dispose pas de beaucoup de temps. La campagne a commencé. Nous sommes en politique ».

Finalement, c’est le peuple qui décidera de voter et de protéger son vote.