RDC-M23 : Christophe Lutundula accuse Kigali de bloquer l'avancement du processus de rapatriement des réfugiés congolais et rwandais

Paul Kagame
Paul Kagame

L'épineuse question relative aux réfugiés congolais et rwandais a été une nouvelle fois évoquée lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations-Unies tenue jeudi 28 septembre 2023 à New-York, aux États-Unis d'Amérique.

Réagissant à l'intervention du représentant du Rwanda au Conseil de sécurité des Nations-Unies, le Vice-Premier Ministre (VPM) et ministre des Affaires Étrangères, Christophe Lutundula, a rejeté les allégations selon lesquelles son pays, la République Démocratique du Congo, bloquerait l'avancement de ce dossier. Pour Kinshasa, c'est plutôt Kigali qui est actuellement à l'origine du blocage, comme constaté lors des précédentes séances de travail tenues à Genève et à Nairobi.

"La question des réfugiés du Rwanda et des réfugiés congolais au Rwanda. On peut appeler monsieur le Haut Commissaire des Nations-Unies pour les réfugiés maintenant, il va vous confirmer qu'au mois de mai, nous avons tenu une réunion avec la délégation rwandaise, celle congolaise dirigée par moi-même. Nous avons repris des discussions sur la question des réfugiés, et cela d'ailleurs à la demande du Président Félix Tshisekedi. Il y a un communiqué, monsieur l'ambassadeur, consultez l'Internet et le site du HCR, vous verrez ce communiqué," a répliqué le Chef de la diplomatie congolaise, Christophe Lutundula.

Face à l'attitude du Rwanda qui a refusé de participer à la séance de travail programmée à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, Christophe Lutundula dit avoir suggéré au HCR que des réunions se tiennent soit à Nairobi, soit à Addis-Abeba, afin d'accélérer le processus.

"Il y a deux semaines, la réunion a continué à Nairobi, car nous avions convenu à Genève de poursuivre à Nairobi. Elle s'est bien tenue. Il était question que tout le monde s'accorde pour se retrouver à Goma la semaine passée pour poursuivre les discussions, notamment concernant l'identification. La délégation rwandaise a refusé de venir. Je ne sais pas si monsieur l'ambassadeur peut démentir, et nous sommes bloqués. Moi, j'avais demandé au représentant de Monsieur le Haut Commissaire des Nations-Unies pour les réfugiés, que j'ai rencontré la semaine dernière ici, que nous puissions proposer un compromis, soit nous retournons à Nairobi, soit nous allons à Addis-Abeba."

Plusieurs réfugiés rwandais, en majorité des membres des FDLR, vivent dans l'est du pays depuis 1994. Les autorités rwandaises ont toujours accusé Kinshasa de collaborer avec les FDLR pour déstabiliser le pouvoir de Kigali, des allégations toujours rejetées par le gouvernement de la République Démocratique du Congo.

La RDC continue d'accuser le Rwanda de soutenir les rebelles du M23. L'appui du Rwanda aux rebelles du M23 est corroboré par des experts de l'ONU et plusieurs pays occidentaux, bien que Kigali s'en défende.

Plusieurs initiatives diplomatiques, infructueuses jusqu'à présent, ont été lancées, notamment par l'Est African Community (EAC), qui a créé une force régionale censée s'assurer du retrait du M23 des positions conquises depuis un an. Mais sur le terrain, la situation ne s'améliore pas toujours, la rébellion poursuit son offensive et conserve ses positions.

Clément MUAMBA