Arrêt dans le procès sur le meurtre des experts:  un avocat dénonce le déséquilibre dans l'expertise des pièces à conviction 
Dimanche 17 avril 2022 - 10:17
Les prévenus à quelques heures de l'arrêt de la cour militaire dans le procès sur le meurtre de deux experts de l'ONU
Les prévenus à quelques heures de l'arrêt de la cour militaire dans le procès sur le meurtre de deux experts de l'ONU

Lors d’une conférence-débat avec thème “regard sur l'arrêt RP 037/020 de la cour militaire de l'ex province du Kasaï Occidental rendu dans le procès du meurtre de deux experts onusiens” organisée ce samedi à Kananga par la société congolaise pour l'État de droit (SCED) un avocat a dénoncé le déséquilibre dans l'analyse des pièces à conviction présentées tout au long du procès et qui ont conduit à la condamnation de plusieurs personnes. Pour cet avocat, les expertises du FBI et de la police scientifique suédoise devaient être soumises à une contre-expertise d'un autre pays. Le fait par la cour de n'avoir fondé sa conviction que sur les résultats des expertises du FBI et de la police scientifique suédoise a déséquilibré le procès.

“Au cours du procès, l'accusation a présenté des mèches des cheveux comme celles de Zaida Catalan qui auraient été trouvées sur Vincent Manga. Cette affirmation a été confortée par les analyses de la police scientifique suédoise, pays d'origine de Zaida Catalan. Il fallait que ces résultats soient soumis à une contre-expertise d'un autre pays et comme Manga n'en avait pas les moyens, rien n'a été fait. Nous avons l'impression que dans l'analyse des suédois, le sentiment national aurait prévalu”, a affirmé Me Daniel Makolo, un des conférenciers et qui avait assisté le colonel Jean de Dieu Mambweni tout au long du procès.

De son côté, le directeur général de SCED, l'ancien bâtonnier du Kasaï Central Dominique Kambala a, répondant à une question sur les 4 accompagnateurs congolais tués au même moment que les deux experts onusiens, expliqué que la justice congolaise attend depuis trois ans les résultats des examens ADN dont les échantillons prélevés ont été envoyés au FBI.

“La justice dit attendre les résultats des tests ADN envoyés aux USA et ce, depuis trois ans pour démarrer le procès.. J'ai dernièrement posé la question et on m'a dit que le FBI gère le monde entier. Ces échantillons ne sont pas une priorité”, a révélé Me Kambala devant une assistance visiblement déçue par le manque d'intérêt en faveur des congolais tués au même moment que les deux experts de l’ONU.

La conférence-débat de ce samedi à Kananga rentre dans le cadre de la commémoration de l'an 5 des évènements du Kasaï qui ont vu plusieurs personnes tuées dont les deux experts onusiens.

Sosthène Kambidi, à Kananga

 

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