Après validation lors de la 82e réunion du Conseil des ministres, les travaux du premier Forum des médias Chine–RDC se sont ouverts le mercredi 18 mars 2026 à Kinshasa avec comme thème : "Modernisation à la chinoise et voie de développement de la RDC : exploration conjointe de nouvelles trajectoires gagnant-gagnant".
Ce Forum vise à transformer le récit national et international autour du partenariat sino-congolais, notamment à travers la présentation de la RDC comme un acteur majeur du Sud global et une terre d’innovation, et non plus simplement comme un réservoir de matières premières ; la mise en lumière de la contribution réelle, et souvent méconnue, des investissements chinois dans l’économie nationale ; ainsi que le renforcement du réseau opérationnel entre l’ACP et Xinhua, les agences de presse de deux pays. L’objectif affiché par les deux parties est de passer des intentions diplomatiques à une coopération médiatique structurée et opérationnelle, capable de porter une nouvelle image du Congo-Kinshasa sur la scène internationale.
"Pendant trop longtemps, le récit du partenariat sino-congolais est resté fragmenté : d’un côté, des investissements massifs et des infrastructures qui transforment nos paysages, mais qui manquent parfois de visibilité et de l’autre, une RDC qui aspire à être perçue non plus comme un simple réservoir de matières premières, mais comme un acteur majeur du Sud Global, une terre d’innovation et de solutions", a déclaré le directeur général de l’Agence congolaise de presse (ACP), Bienvenu-Marie Bakumanya.
Selon lui, la mission est de devenir les architectes d’une communication qui valorise les retombées sociales, économiques et technologiques réelles de cette coopération.
"Aux côtés de Xinhua, nous entendons mutualiser nos compétences et assurer une présence médiatique plus forte de la RDC en Chine, et réciproquement. Ce cadre permettra aux médias de nos deux pays de mieux se connaître afin de raconter, ensemble, les belles histoires de l’amitié sino-congolaise.Chers confrères de la presse nationale et étrangère, ce cadre est le vôtre. Il constitue une opportunité unique d’échanger avec les décideurs et les experts pour mieux saisir les enjeux de cette « modernisation partagée »", a-t-il ajouté.
Dans son exposé projeté par vidéo devant l’assistance, Fu Hua, président de l’Agence de presse Xinhua, a d’entrée de jeu rappelé que l’année 2026 marquait le 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et les pays africains, ainsi que l’année des échanges entre les peuples Chine-Afrique. Il a indiqué que Xinhua saisirait cette occasion pour collaborer avec ses homologues congolais afin d’approfondir la vision d’avenir définie par les dirigeants des deux pays.
Selon lui, Xinhua s’emploiera à raconter des histoires marquantes de la coopération bilatérale, à étudier des questions prospectives et stratégiques relatives au développement Chine-Afrique, et à organiser des activités d’échange telles que le Forum des médias et des think tanks du Sud global, affirmant que ces efforts permettront de renforcer la représentation et de mieux faire entendre la voix des deux pays au sein du système de gouvernance multilatérale, tout en insufflant un nouvel élan à la coopération sino-africaine.
Intervenant pour sa part, le directeur général du Bureau régional Afrique de l’Agence Chine nouvelle Xinhua, Ying Qiang, a mis en avant les perspectives offertes par le partenariat sino-congolais. "La RDC est une terre d’opportunités qui avance avec assurance", a-t-il affirmé, tout en insistant sur la nécessité de renforcer les échanges technologiques.
De son côté, Zhao Bin, ambassadeur de Chine en République démocratique du Congo, est revenu notamment sur la modernisation chinoise, qu’il a présentée comme une opportunité pour la RDC. Il a placé son intervention sous le signe de la modernisation et des opportunités. "La modernisation à la chinoise offrira beaucoup plus d’opportunités pour le développement et le redressement de la RDC", a-t-il affirmé évoquant plusieurs axes de coopération : agriculture, infrastructures, énergie, technologies, éducation et santé. Selon lui, Pékin entend également faciliter l’accès des produits congolais à son marché, notamment à travers des initiatives commerciales et tarifaires.
Prenant la parole au nom du gouvernement, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a replacé ces assises dans la dynamique politique du partenariat entre les deux Etats.
“Ce thème exprime la volonté de nos deux pays d’explorer, de manière équitable, de nouvelles formes de coopération inscrites dans la dynamique plus large du Sud global, qui regroupe les nations d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine engagées à renforcer leur coordination, à partager leurs expériences de développement et à faire entendre davantage leur voix dans l’espace international de l’information. Dans cette perspective, l’expérience de la Chine se présente comme modèle des acteurs majeurs de ce Sud global et met en avant une trajectoire de modernisation fondée notamment sur la transformation numérique et le développement des capacités médiatiques", a souligné le ministre Patrick Muyaya.
Selon lui, la réflexion engagée dans le cadre de ces travaux devra permettre d’identifier les opportunités offertes par ces technologies, tout en renforçant les mécanismes nécessaires à la protection de l’intégrité de l’information, dans l’esprit d’un partenariat gagnant-gagnant au service du développement et d’une information responsable.
"Au-delà des échanges et des réflexions, ce forum doit produire des résultats concrets. Les travaux engagés doivent conduire à l’élaboration d’une feuille de route de coopération médiatique entre la République Démocratique du Congo et la République populaire de Chine. Cette feuille de route devra structurer durablement les échanges entre les institutions médiatiques de nos deux pays, renforcer les programmes de formation, favoriser les coproductions éditoriales et promouvoir la circulation d’une information équilibrée et responsable", a-t-il recommandé.
La première journée était consacrée à la cérémonie officielle d’ouverture, ainsi qu’à un panel de haut niveau portant sur la coopération médiatique et diplomatique entre la République démocratique du Congo et la République populaire de Chine, ainsi que sur le rôle des médias dans l’accompagnement du partenariat économique sino-congolais.
Selon le programme des organisateurs, la deuxième journée sera dédiée aux travaux techniques, réunissant des professionnels des médias, des experts et des universitaires autour des enjeux contemporains du journalisme, notamment les transformations numériques du secteur et l’apport des technologies émergentes dans la production de l’information.
Clément MUAMBA