Samedi 23 janvier 2021 - 21:28

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« J’ai choisi de ne pas étaler ma vie privée sur les réseaux sociaux » (Ika de Jong)
Photo. Droits tiers

Partir de rien et devenir un acteur influent sur les réseaux sociaux, Ika de Jong a su relever ce défi. Experte en communication digitale, animatrice d’évènements, influenceuse, ce 23 janvier, dans un entretien accordé au Desk Femme de ACTUALITE.CD, elle révèle l’impact de ces canaux sur la vie de jeunes ainsi que les outils pour imposer sa marque.   

Bonjour Madame Ika de Jong et merci de répondre aux questions du Desk Femme de ACTUALITE.CD Pouvez-vous nous parler de votre parcours dans l'univers des réseaux sociaux ? 

Ika de Jong :J’ai fait des études commerciales au complexe scolaire Matanelo (ex Moineaux). J’ai quitté la RDC lors du tout premier pillage. Je suis allée poursuivre des études de management en Hollande parce que mon père était d’origine Hollando-congolaise.  J’ai terminé mes études à Amsterdam, aux Pays bas. Avec Tuba Delo, nous avons mis en place la télévision web GLTV avec l’objectif de montrer les exploits des fils et filles du continent africain. Cela va faire plus de 10 ans que je me suis investie dans le journalisme, et environ 8 ans à travers GLTV.   

Du management au journalisme, comment avez-vous basculé ?

Ika de Jong :  Depuis mon enfance, j’ai un amour pour le journalisme. Je tenais des tiges (symboles des micros) pour faire la journaliste. Je me suis inspirée de tous plusieurs ainés  en RDC. Après mes études, je sentais qu'il me manquait une corde à mon arc. Ce qui m’a emmené à faire des études en déontologie journalistique. Je voulais obtenir une base, savoir élaborer des questionnaires adaptés aux interviewés (artistes, docteurs, cinéastes…)

Qu’est ce qui a motivé le choix des réseaux sociaux comme support ? 

Ika de Jong :  Nous avons choisi d’investir dans les réseaux sociaux parce que nous nous sommes rendus compte que les médias européens ne nous permettaient pas de diffuser du bon contenu africain, parfois ce n’était que le côté négatif de l’Afrique. Tous les contenus étaient filtrés et adaptés à leur goût. Nous avons opté pour les réseaux pour atteindre une plus large audience. Quand je diffuse un élément, je reviens après une heure, voir le nombre de personnes qui ont suivi, mais c’est énorme !   

En novembre 2020, vous avez tenu une Master class sur comment maitriser son image sur les réseaux sociaux. Pouvez-vous nous faire un retour sur cette activité ? 

Ika de Jong :  C’est ma troisième masterclass à Kinshasa mais surtout, la première qui aborde la question des réseaux sociaux. Maitriser son image est important. Nous sommes à une époque où tout le monde essaie de vendre son image à travers les réseaux sociaux. Il faut savoir quand, comment et pourquoi communiquer, à travers ce canal. Mon objectif est de tenir cette masterclass également à Lubumbashi, Kolwezi, Bukavu et Goma pour permettre à tout le monde d’acquérir ce savoir-faire 

Qu'entendez-vous par construire et entretenir son image sur les réseaux sociaux ? 

Ika de Jong : Construire, parce qu’il faut partir d’un point zéro pour bâtir son image. Comment est-ce que ton contenu impacte ceux qui te suivent. Entretenir, c’est embellir. A travers cette master class, nous donnons des outils nécessaires. Savoir à quel moment de la journée publier X ou Y chose, quelle plateforme utiliser, quel type de message est adapté. 

Pourquoi est-il si important de savoir maitriser cette image ? 

Ika de Jong :  C’est très important de savoir maitriser son image. Il faut l’entretenir parce qu’on la vend. Autant, on entretient son corps ; autant on le fait pour l’image sur les réseaux sociaux. 

Quelle lecture faîtes-vous de l'usage des réseaux sociaux par les jeunes ?

Ika de Jong :  Les réseaux sociaux font actuellement partie de la vie courante. On est obligé d’être connecté pour avoir les infos. Et les jeunes ne sont pas restés indifférents. Il y a plusieurs catégories des jeunes qui utilisent les réseaux sociaux ; ceux qui l’utilisent pour le travail ou pour les études, ceux qui l’utilisent juste pour le fun et ceux qui font des réseaux sociaux leur principal outil de travail. Mais ce que je déplore, c’est le cout élevé de l’accès à l’internet en RDC. Plus les jeunes ont la possibilité d’être connectés, plus ils ont la capacité de développer leur savoir, innover ou créer.

Demandes en mariage, anniversaire ou mariage de rêve, lune de miel... Bien de photos sont postées sur les réseaux sociaux, parfois sans filtre. Que pensez-vous de cette façon de faire ? 

Ika de Jong : Tout le monde est libre de faire ce qu’il veut sur les réseaux sociaux. Je pense que c’est une certaine liberté d’expression. On montre que ce que l’on veut montrer sur les réseaux sociaux. Personnellement, j’ai choisi de ne pas étaler ma vie privée sur les réseaux sociaux. Je préfère préserver ce côté de ma vie. C’est vrai qu’on montre beaucoup de choses cependant il faut aussi avoir une personnalité, faire preuve de discrétion. Tout mettre sur les réseaux sociaux peut avoir des répercussions sur sa dignité. Pour les publications liées au mariage, je pense que l’objectif est aussi d’informer les membres des familles qui ne sont pas au même endroit que les concernés.

Entre 2019 et 2020, la RDC a connu une série d’affaires à caractère sexuel qui ont défrayé la chronique. Sextape pour le cas d’Héritier Watanabe, l’affaire Mama Mimi, Éliane Bafeno et aussi, viol collectif d’une jeune fille élève de l'école Révérend Kim. Selon vous qu’est-ce qui a bien pu motiver la publication de ce genre d’images ?

Ika de Jong : Je trouve cela déplorable, aberrant, (…) je ne sais pas expliquer ce qui peut emmener les gens à publier ce genre d’images. Je suis bantoue, j’ai grandi dans une mentalité très stricte, et c’est ce que je rapporte encore dans la vie de mes enfants. Je leur demanderai de partager à leur tour cette culture aux générations futures. Je crois que tout le monde devrait être assez mature et adulte pour savoir que tout ce que nous faisons actuellement aura des impacts dans le  futur. Tout n’est pas à mettre sur les réseaux sociaux. Avec tous ces scandales, on devient tous plus prudents. 

En janvier 2021, la danseuse professionnelle Jenny Bsg et le comédien Docteur Idéologie (Bryan) ont également annoncé leur séparation sur les réseaux sociaux avant de préciser qu'il ne s'agissait que d'une crise au sein du couple. Le divorce ainsi que les révélations de Penielle et Mike Kalambayi ont aussi été annoncés à travers ce canal. Les Réseaux sociaux se constituent-ils en briseurs de ménage ? 

Ika de Jong :  Parfois, il faut juste bien réfléchir avant de publier sur les réseaux sociaux. Quand vous décidez de vous mettre en couple, les réseaux sociaux n’y sont pour rien. Et quand vous choisissez de rompre, ce ne sont pas les réseaux sociaux qui vous poussent à le faire ! Et donc, vous avez le choix. Si vous étalez votre vie sur les réseaux sociaux pour que tout le monde en dise quelque chose, cela va nuire un jour à votre image. 

Quels sont vos futurs projets ?

Ika de Jong : J’ai de nombreux projets. Mais surtout, celui de revenir au pays et apprendre aux autres ce que l’on a appris. Aller ailleurs aussi et faire découvrir ce qu’il y a de meilleur au Congo, en Afrique.

Ika de Jong est mère de trois enfants, installés en Europe. L’autre avantage des réseaux sociaux selon elle, c’est qu’ils permettent aux enfants nés en dehors de l’Afrique et des autres continents de découvrir leurs origines en un simple clic.

Propos recueillis par Prisca Lokale

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