RDC : 14 ans après le massacre de plus de 500 personnes à Kaniola, les rescapés réclament toujours justice

Place des martyrs à Kaniola/Ph ACTUALITE.CD

Ce 10 octobre, c’est le 14ème anniversaire de massacre de plus de 500 personnes dans les villages de Kaniola et Nindja, dans le territoire de Walungu (Sud-Kivu), par les rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR).  

Plus de 10 ans après, les rescapés attendent toujours que justice soit rendue en mémoire des victimes. Une cérémonie d’hommage a été organisée à la Place des martyrs à Kaniola où l’on peut lire divers messages :

« La population de Kaniola demande un tribunal pénal international ; le rapport Mapping 2 et insertion des victimes de Kaniola et Nindja ; droits à la réparation des survivants et projets de développement à Kaniola et Nindja ; Trop c'est trop, plus jamais ça. »

Le chef de groupement de Kaniola, Pierrot Matambura Balolebwami se souvient encore de ces tueries massives de civils comme si c’était hier.

« Ici, on nous tuait comme des animaux, Kaniola a trop souffert. Les FDLR ont pillé nos vaches, nos filles ont été violées, nous avions fui abandonnant notre village et jusqu'aujourd'hui nous n'avons personne pour nous consoler. Voilà pourquoi nous demandons qu'il y ait un tribunal pour sanctionner ces bourreaux, qu'on leur demande pourquoi ils nous avaient tués et que les survivants soient soutenus et pris en charge. Ces mêmes victimes ont mis au monde des enfants issus du viol qui peuvent avoir entre 14 et 15 ans mais non scolarisés et risquent de devenir des bombes à retardement », a-t-il dit à ACTUALITE.CD.

Situé à 51 kilomètres de la ville de Bukavu, Kaniola et plusieurs autres villages dans la zone ont connu des crimes graves. Plusieurs fosses communes ont été découverts.

Les massacres de Kaniola et Nindja figurent dans le rapport mapping de l’ONU qui rapporte plus de 600 crimes imprescriptibles commis entre 1993 et 2003. Aucune des recommandations dudit rapport n’a été mise en application 10 ans après sa publication. Des voix s’élèvent de plus en plus pour exiger la mise en place d’un tribunal spécial pour juger les auteurs de ces divers crimes. Le Prix Nobel de la Paix, Denis Mukwege est le principal porteur de plaidoyer en faveur d’un tribunal spécial pour le Congo.

Justin Mwamba