Un ancien haut responsable américain a exprimé jeudi ses regrets d'avoir plaidé pour la reconnaissance de Félix Tshisekedi comme vainqueur de l'élection présidentielle congolaise de 2018, au lendemain de la déclaration du chef de l'État congolais sur un éventuel troisième mandat.
"L'un de mes plus grands regrets de mon temps en tant que sous-secrétaire d'État américain adjoint pour l'Afrique a été de plaider pour que les États-Unis soutiennent Tshisekedi en tant que vainqueur de l'élection congolaise de 2018. Je pensais qu'il serait vraiment différent et ferait avancer les intérêts du peuple congolais. Comme je me suis trompé", a déclaré Tibor Nagy ce jeudi 7 mai.
Le contraste avec ses propos d'avril 2019 est saisissant. Recevant Félix Tshisekedi à Washington quelques mois après son arrivée au pouvoir, Tibor Nagy l'avait accueilli comme "le tout premier président véritablement démocratique dans le cadre d'une alternance démocratique" en Afrique centrale. Il avait alors déclaré vouloir que 2019 soit "l'année du Congo", ajoutant que "pour la toute première fois de son histoire, le Congo sera véritablement démocratique et véritablement une république". Il avait également dressé une liste de réalisations du nouveau chef de l'État : amélioration des relations avec le Rwanda et l'Ouganda, libération de centaines de prisonniers politiques, ordre donné aux forces de l'ordre de ne pas bloquer les manifestations de l'opposition.
Mercredi soir à Kinshasa, lors d'une conférence de presse de trois heures devant journalistes et membres du gouvernement, Félix Tshisekedi s'était dit prêt pour un troisième mandat si les Congolais le lui demandaient, précisant que toute révision constitutionnelle passerait par un référendum. Il avait également averti que si la guerre dans l'est du pays se prolonge, les élections prévues en 2028 ne pourront pas être organisées.
Ces déclarations ont provoqué des réactions immédiates de l'opposition congolaise, en RDC et dans la diaspora.