Lundi 10 août 2020 - 10:02

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RDC : ce que l’on sait sur les arrestations des militaires et policier à Beni en rapport avec les massacres des civils au Kasaï
Des militaires et policiers lors d'une parade à Beni/Ph ACTUALITE.CD

Sept militaires de l'armée congolaise dont deux lieutenants colonels, trois capitaines, un lieutenant et un adjudant ont été placés en détention à Beni par la cour militaire opérationnelle du Nord-Kivu depuis le 22 juillet 2020. Outre ces sept militaires, un haut gradé de la police, le colonel Christian Nkongolo a aussi été arrêté le 7 août /2020. Ils sont tous soupçonnés de participation aux massacres des populations au Kasaï Central entre 2016 et 2017 pendant les violences de la milice Kamuina Nsapu.

Ces arrestations découlent d'une commission rogatoire de l'auditeur supérieur militaire de l'ex Kasaï Occidental adressée à l'avocat général militaire près la cour militaire opérationnelle du Nord-Kivu « aux fins d'auditionner les autorités militaires impliquées dans les massacres de Tshimbulu,  Kamuina Nsapu et Nganza dans la province du Kasaï Central. »

Selon le rapport des auditions qu'ACTUALITE.CD a pu consulter, 16 officiers militaires en poste au moment des faits au Kasaï ont été entendus par la cour militaire opérationnelle du Nord-Kivu. Il ressort de ces auditions que les massacres de Nganza, Tshimbulu et Kamuina Nsapu « ont été perpétrés par le bataillon de l'unité spéciale de l'état-major des renseignements affecté à Kananga pour quatre jours en mars 2017 par le général Delphin Kahimbi décédé », indique le rapport.

Le rapport cite le nom du lieutenant-colonel Mahiga Gaga et le major John non autrement identifié mais actuellement à Kinshasa comme ayant dirigé les opérations militaires qui ont abouti aux massacres des civils notamment à Nganza. Entendu, le lieutenant-colonel Mahiga Gaga aurait nié les faits mis à sa charge, note le rapport qui indique ce dernier a révélé que les opérations ont été dirigées par le major John que la justice militaire tient à entendre pour plus de lumière.

Plus loin, le rapport épingle le lieutenant Vangu Vangu en détention à Beni et qui commandait les éléments de l'ex 5ème brigade en opération à Nganza d'avoir supervisé les massacres de la population civile qui voulait s'échapper vers les quartiers Kamayi Prison et Kamayi Athénée.

Un autre officier mis en cause est le lieutenant-colonel Mahese Mangi (en détention à Beni) qui, lui était chargé « d'aller prendre les cadavres sur ordre du général Mputela de la 5ème région militaire et du colonel Mambueni Jean de Dieu (en détention à Kananga pour son implication présumée dans le meurtre des experts de l'ONU) ; cela dans le camion de couleur jaune de l'office de route (depuis la période de Kamuina Nsapu, à Tshimbulu et à Nganza). A son retour, il remettait ces cadavres (appelés colis) au colonel Mambueni qui va charger le capitaine Sakwa et Charles Mukanirwa pour l'enterrement. »

Dans ce même rapport, il est indiqué les endroits où les cadavres étaient enterrés dans des fosses communes et/ou auraient été délocalisés.

Quant au colonel Christian Nkongolo à l'époque des faits commandant second chargé des opérations au commissariat provincial de la police à Kananga et en affectation actuellement à Bunia où il a été auditionné le 25 juillet 2020, et acheminé à Beni, il est présenté comme ayant doté les militaires des tenues de la police en les désorientant de leur mission pour aller perpétrer des massacres au village Kamuina Nsapu et à Tshimbulu. Il pèse sur ses épaules la responsabilité du commandant des troupes.

Enfin, le rapport révèle que les opérations des massacres des populations étaient organisées à la commission de coordination des opérations (CCO), où siégeaient trois généraux, un colonel et les autorités politiques et administratives du Kasaï Central et celles des renseignements.

Le rapport conclut par solliciter les auditions par la justice militaire pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre par meurtre et la responsabilité du commandant de toutes les personnes citées et tous les auteurs intellectuels.

Entre 2016 et 2017 au plus fort de l'insurrection des miliciens Kamuina Nsapu, les forces armées de la RDC avaient mené des opérations de traque des miliciens dans certains villages considérés comme leurs bastions. Des rapports de plusieurs ONG ont fait état des massacres des populations civiles assimilées aux miliciens.

Sosthène Kambidi

 

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