Mende soutient les 12 personnalités encore sous les sanctions : « c’est une injustice flagrante et nous sommes en droit de demander réparation »
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Le Conseil de l’Union européenne (UE) a écarté Lambert Mende Omalanga et Roger Kibelisa de la liste des mesures restrictives contre certains dirigeants congolais. Le Conseil maintient cependant des sanctions contre 12 autres personnalités sur la base d'une évaluation de la situation en RDC. Dans une interview accordée à ACTUALITE.CD, Lambert Mende a, une fois de plus, désapprouvé ces mesures qu’il qualifie d’illégales.

« Un ministre fait le travail du programme du gouvernement de son pays. Il n’est pas ministre au Congo pour faire le travail pour plaire à des gens qui sont en Europe. Je suis désolé. Le Congolais est indépendant depuis 1960. C’est ce que beaucoup ne comprennent pas. Un ministre est ministre pour le Congo. Il ne faut pas que les Européens nous fassent reculer jusqu’avant 1960 quand les Congolais travaillaient pour la Belgique. Nous ne sommes plus dépendant d’un pays étranger. Il faut arrêter avec cela. C’est dangereux », a-t-il dit.

Il apporte également son soutien aux 12 autres personnalités encore sous les sanctions.

« Je suis solidaire de ces personnes. Je dis qu’on n’a pas respecté leurs droits comme on n’a pas respecté les miens. J’estime qu’on n’a pas à sanctionner les gens sans les avoir entendus. On n’a pas à violer le principe de la présomption d’innocence. On n’a pas à donner les gens en pâture à l’opinion publique, sans qu’ils aient eu l’occasion de savoir pourquoi ils sont accusés », a-t-il déclaré.

Et il pense qu’ils peuvent demander réparations.

« Ce n’est pas qu’on ne peut être jugé, mais que l’on soit jugé par des juridictions qui ont compétence pour nous juger. Pas les ambassadeurs ou des fonctionnaires du Conseil de l’Union Européenne qui doivent porter des jugements sur nous. Les conséquences de ces actes étaient des conséquences des personnes condamnées par des juridictions. C’est une injustice flagrante et nous sommes en droit de demander réparation », a-t-il clamé.

L’Union Européenne avait justifié ces mesures contre Mende par le fait que ce dernier, alors ministre de la Communication et des Médias, était un obstacle à l’aboutissement heureux du processus électoral.

« En tant que ministre de la Communications et des Médias depuis 2008, Lambert Mende est responsable d'une politique répressive menée envers les médias, qui viole le droit à la liberté d'expression et d'information et compromet une solution consensuelle et pacifique en vue de la tenue d'élections en RDC. Le 12 novembre 2016, il a adopté un décret limitant la possibi­lité pour des médias étrangers de diffuser en RDC. En violation de l'accord politique conclu le 31 décembre 2016 entre la majorité présiden­tielle et les partis d'opposition, en octobre 2018 la diffusion d'un certain nombre de mé­dias n'avait toujours pas repris. En sa qualité de ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende est donc responsable d'avoir fait obstacle à une solution consensuelle et pacifique en vue de la tenue d'élections en RDC, notamment par des actes de répression», expliquait l’UE.

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