L’attaque de drones visant la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, qui a coûté la vie à une humanitaire française et à deux civils, ne fait qu’aggraver les pertes humaines et accentue les souffrances des populations déjà confrontées à la violence et à la guerre opposant la rébellion de l'AFC/M23, appuyée par le Rwanda, aux forces gouvernementales dans l’est de la République démocratique du Congo. C'est ce qui ressort de la réaction du Bureau Afrique du Département d’État américain.
Dans un communiqué du Bureau Afrique du Département d’État américain, rendu public le mercredi 11 mars 2026, Washington a appelé les différentes parties au conflit à respecter leurs engagements pris dans le cadre du cessez-le-feu et à cesser les attaques contre les populations civiles.
"La frappe de drone survenue aujourd'hui à Goma a tué un employé de l'ONU et au moins deux civils, aggravant ainsi les pertes humaines tragiques qui continuent de toucher d'innombrables civils dans l'est de la RDC. Nous présentons nos plus sincères condoléances à leurs familles et à leurs collègues et exhortons toutes les parties à garantir la protection du personnel humanitaire et des Nations Unies. Les attaques contre des zones civiles sont inacceptables. Les États-Unis attendent de toutes les parties au conflit qu'elles respectent leurs engagements", lit-on sur le compte X de ce Département de la diplomatie américaine.
Selon un bilan provisoire communiqué par la rébellion de l’AFC/M23, trois morts ont déjà été enregistrés. Après une longue période de silence, le gouvernement congolais a indiqué que des enquêtes étaient en cours pour déterminer les circonstances exactes des explosions survenues à l’aube dans la ville de Goma, dans l’est du pays, qui ont fait plusieurs victimes, dont une employée de l’Unicef.
Alors que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) avait recensé une baisse des incidents affectant les humanitaires en janvier 2026, cette attaque visant la ville de Goma relance une nouvelle fois le débat sur la sécurité des travailleurs humanitaires dans le conflit qui secoue l’est de la RDC. Selon l’OCHA, 37 incidents affectant les acteurs humanitaires ont été enregistrés dans l’est de la RDC en janvier 2026, soit une baisse par rapport aux 48 incidents recensés en décembre 2025.
Bien avant ces incidents qui touchent désormais la ville de Goma, dans une déclaration conjointe rendue publique jeudi 5 mars, la Belgique, le Danemark, l’Union européenne, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni et les États-Unis d’Amérique ont exprimé leur profonde inquiétude face aux violations récentes et continues des cessez-le-feu dans l’Est de la RDC. Ces cessez-le-feu avaient été garantis par la signature des Accords de Washington le 4 décembre 2025 et par l’engagement pris à Doha le 19 juillet 2025 en faveur d’un cessez-le-feu permanent et d’une cessation définitive des hostilités.
Selon ces États, ainsi que l’Union européenne et les États-Unis d’Amérique, membres du Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs (GCI), présidé par la Suède, ces violations incluent notamment l’utilisation de drones lors d’attaques militaires, mettant gravement en danger les populations civiles. Toutes les parties concernées doivent, selon eux, s’engager de toute urgence et sans ambiguïté à cesser les hostilités et à reprendre les négociations. Ils estiment par ailleurs qu’il ne peut y avoir de solution militaire à ce conflit.
Sur la scène internationale, les initiatives diplomatiques, notamment les processus de Washington et de Doha, appuyés par l’Union africaine, progressent sur le papier, mais peinent encore à produire des résultats concrets sur le terrain, dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’entre Kinshasa et l’AFC/M23
Clément MUAMBA