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Le Gouverneur du Nord-Kivu, Carly Nzanzu Kasivita a échangé ce mardi 3 décembre avec les étudiants des institutions supérieures et universitaires de la ville de Goma dans la salle Full Gospel. Cet échange de près de 3 heures, a tourné autour de l'évolution de la situation sécuritaire dans la province du Nord-Kivu en général, et en particulier à Beni ville et Beni territoire où les populations font face aux tueries par les Forces Démocratiques et Alliés (ADF).

Devant plusieurs étudiants venus l’écouter, Le chef de l'exécutif provincial du Nord-Kivu a peint l'historique de la rébellion des ADF, leur  mode de vie ainsi que de la menace qu'elles représentent pour la population de cette région.

Au moment où les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont lancé des opérations de grande envergure contre ces miliciens ADF, Carly Nzanzu Kasivita exhorte ses administrés à agir par la tête et non par le cœur mais aussi et surtout à utiliser leur intelligence.

« Nous devrions être très prudents. Sur le plan opérationnel, l'armée est en train de récupérer des campements des ADF mais cela ne signifie pas qu'on a réduit leur capacité de nuisance. Parce qu'ils ont encore quelques camps tenus dans le parc de Virunga. Ils connaissent la région peut être plus que quiconque. Pour la question des ADF à Beni, nous devons utiliser les intelligences pour ne pas se tromper d'ennemi. Pour ne pas jouer le jeu de l'ennemi, aujourd'hui la pression militaire exercée sur les ADF ne permet pas de survivre, de se réorganiser et de faire des contacts. C'est pourquoi je voudrais attirer l'attention de la jeunesse que la question de la sécurité ne doit pas être une question où on doit chercher la réponse dans la manipulation. Quelle est la réponse à apporter à l'insécurité si le premier réflexe c'est de dire, nous allons brûler la mairie? Ça n'a aucune incidence sur la réponse à apporter à la guerre contre les ADF. La réponse est d'abord essentiellement militaire. Cette dernière doit être soutenue par tous les congolais. Aidez les services de sécurité, aidez l'autorité à dénicher les complices. C'est la seule façon pour arrêter leur possibilité de nuire à la population congolaise », a dit, dans son adresse aux étudiants, Carly Nzanzu Kasivita.  

Le numéro 1 du Nord-Kivu a rappelé aux Congolais que la République est attaquée à partir de Beni par un courant idéologique qui veut créer de la terreur et qui veut avoir de l’emprise sur cette partie du pays. Il a soutenu que la situation sécuritaire de Beni soit considérée comme une urgence nationale.

Depuis fin octobre 2019, qui coïncide avec le lancement des opérations de grande envergure contre les ADF, au moins quinze civils, huit militaires et deux policiers ont été tués lors des manifestations anti-MONUSCO organisées par la société civile et autres mouvements citoyens dans des villes et territoires du Nord-Kivu.

Dans une déclaration rendue publique lundi 2 décembre dernier à Goma, les députés provinciaux, membres de la coalition FCC-CACH, ont fustigé les dérapages enregistrés lors des récentes manifestations contre les tueries à Beni.

Des jeunes ont, pour la plupart, été cités comme commanditaires de ces événements. Certains ont été interpellés par la police.

« Tout ce que je peux donner comme message à mes frères et sœurs de Beni, c'est d'avoir l'esprit critique et de ne plus se mêler dans des manipulations. Je peux leur demander de rester calme, d'observer et de s'entraider avec notre armée. Parce que s'ils se mêlent seulement dans des troubles sans pour autant réfléchir, à un certain moment on va favoriser l'ennemi sans pour autant aider notre province », a suggéré Zainabo Bénédicte, étudiante à l'Université de Goma qui a participé aux échanges entre étudiants et le Gouverneur Carly. 

Lundi 2 et mardi 3 décembre 2019, le parlement des jeunes du Nord-Kivu a appelé à deux journées ville morte sur toute l'étendue de la province en vue de dire non aux massacres de Beni et exiger le départ de la MONUSCO. Ces journées « ville morte » se sont transformées en manifestation de colère. A Beni et Kiwanja, des morts d'hommes ont été signalés.

Théâtre des tueries des civils par les rebelles ADF, Beni vit une période meurtrière sans précédent. D’après les statistiques fournies par Kivu Security, un projet commun du Groupe d’Etude du Congo (GEC) et Human Right Watch (HRW), 107 personnes ont été tuées, depuis le 30 octobre, dans la région.

Jonathan Kombi

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