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Les rapports entre la RDC et les Etats-Unis se sont considérablement améliorés depuis l’avènement au pouvoir de Félix Tshisekedi. Le président congolais s’est rendu deux fois à Washington et a maintenu un contact permanent avec les autorités américaines. Soutenant un discours anti-terroriste, il a plusieurs fois multiplié des appels à une coalition pour lutter contre l’insécurité dans la région des Grands Lacs africains. Et pour les Etats-Unis, parmi plusieurs priorités, la question sécuritaire est primordiale. Kelly Craft, ambassadrice américaine auprès des Nations unies, l’a rappelé le 9 octobre à l’ONU.

« Bien que le gouvernement se soit à juste titre concentré sur l’insécurité chronique dans l’Est de la RDC, nous demeurons profondément préoccupés par les violations des droits de l’homme commises dans la région par les groupes armés et les milices locales. Nous sommes également alarmés par la persistance des rapports faisant état d’attaques perpétrées par ces groupes dans tout le Nord-Kivu, ainsi que par la recrudescence de la violence dans le Sud-Kivu », a t-elle déclaré.

Prudente, elle considère quand bien même la fin de la violence serait une condition nécessaire à la paix, elle n’est pas une garantie.

« Nous exhortons donc le gouvernement de la RDC et son président à travailler en étroite collaboration avec la mission et les autorités provinciales afin d’établir un plan à long terme pour la justice et la réconciliation, un plan qui s’attaque aux motifs d’insatisfaction qui existent depuis longtemps et aux structures qui favorisent la violence », a-t-elle ajouté.

Pour se faire, les réformes s’imposent.

« Nous nous attendons également à ce que le gouvernement réforme son secteur de la sécurité, notamment en améliorant les normes de la police et des forces armées nationales, en demandant des comptes aux auteurs de violations des droits de l’homme et en démobilisant, désarmant et réintégrant les groupes armés volontaires dans la vie civile. Dans l’Est, les autorités provinciales ont déjà, avec l’appui de la MONUSCO, créé une commission d’enquête et deux dialogues intracommunautaires », a-t-elle soutenu.

Dans son discours de politique générale, le Premier ministre Ilunga Ilunkamba avait annoncé que son gouvernement va revisiter le plan de réforme de l’armée et le projet de loi de programmation militaire afin de les adapter et en sortir un nouveau plan de référence « Une nation-une armée ».

Bien avant cette réforme, mercredi 9 octobre, le plan d’action sécuritaire commun aux cinq provinces de l’Est de la RDC a été présenté à la réunion du Conseil national de sécurité, tenue à Bukavu (Sud-Kivu).

L’un des défis de ce gouvernement sera de faire face à plus de 130 groupes armés présents dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, qui s’affrontent pour d’innombrables raisons, rapporte le Groupe d’Etude sur le Congo.

Le budget de l'armée cette année est de 331 millions USD soit 5,74% du budget national. La défense militaire prend, à elle seule, 329 millions USD.

La RDC occupe la 72ème place du classement des forces militaires de plus de 100 pays, établi par le site américain spécialisé dans la défense Global Fire Power (GFP).