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Alors que c’est la deuxième semaine depuis l’effectivité de la rentrée scolaire 2019-2020, la première qui consacre la gratuité de l’enseignement de base en RDC, dans certaines écoles catholiques de la ville de Kinshasa, les enseignements n’ont pas encore repris. C’est le cas à l’école primaire Bosangani, dans la commune de la Gombe.

Dans cette école, les autorités disent être butées à des « difficultés » financières alors que les parents d’élèves s’indignent de cette situation et condamnent les autorités de l’école.

« Comme parent, j’ai constaté que dans les cahiers des enfants, il n’y a pas de notes. Quand je suis arrivé ce matin à l’école, les autres parents avaient constaté la même chose chez leurs enfants. Nous avons alors constitué un groupe pour aller demander aux responsables des écoles pourquoi les enfants n’étudient pas. Quand nous sommes arrivés, la sœur directrice de la coordination sous-régionale des écoles conventionnées catholiques de Lukunga nous a dit que nous pouvons aller où bon nous semble mais les enseignants ne donneront pas cours. C’est-à-dire qu’ils ne sont pas prêts à accepter la gratuité prônée par le chef de l’Etat », a dit Mwamba Fils, père de deux élèves à l’école primaire Bosangani.

Adolphine qui a également son enfant dans cette école appelle à l’intervention du gouvernement.

« S’ils n’ont pas été payés cela nous concerne en quoi ? On nous a parlé de la gratuité et c’est ce que nous voulons. Mais pourquoi cela doit retomber sur nos enfants que nous réveillons à l’aube depuis une semaine déjà et qui viennent pour jouer et rentrer, sans compter que nous sacrifions aussi notre temps et nos occupations. Il faut que le ministre se prononce parce que là on n’est pas vraiment fixé. Les écoles ne sont pas très chaudes avec cette histoire de gratuité et nous ne voulons pas que nos enfants en pâtissent  », a-t-elle déclaré.

Pour la sœur Philomène Muntumpe, directrice de la coordination sous-régionale des écoles conventionnées catholiques de Lukunga, les difficultés rencontrées par les écoles en ce début de l’année sont dues au remboursement des frais d’acompte payés par les parents d’élèves.

« (…) J’ai dit aux parents que c’est une bonne idée qu’ils aillent voir le ministre. Les écoles ont déjà procédé au remboursement des frais payés par les parents. Quand elles sont butées à certaines difficultés, on demande que l’on puisse en parler avec les parents. Les parents qui étaient là l’ont entendu comme un son de cloche et sont venus s’enquérir de la situation chez nous et pourtant ce n’est pas à nous de le dire. S’il y a des dispositions prises, c’est aux autorités de l’EPSP de le dire et pas à nous. Nous avons des lettres circulaires du secrétariat général et c’est sur base de cette dernière que nous fonctionnons. J’ai reçu ce matin la situation des autres écoles catholiques du district, c’est la même situation parce qu’il n’y a pas de matériels de fonctionnement, les enseignants n’ont pas les matériels didactiques », a dit la sœur coordinatrice sous-régionale des écoles conventionnées catholiques de Lukunga, qui a son bureau à l’EP Bosangani.

D’après l’enseignante Marie Katanga de l’école primaire 3 Bosangani, l’Etat n’est pas encore  prêt à prendre les enseignants en charge en dépit de la bonne volonté montrée par le chef de l’Etat. Elle appelle à une autorisation du gouvernement pour que les parents continuent de payer les frais.

« Le président de la République a prôné la gratuité de l’enseignement de base et nous sommes pour cela. Mais le problème, c’est le processus de cette gratuité. Jusqu’aujourd’hui nous n’avons rien pour fonctionner, pour acheter les craies, les journaux de classe, les stylos, etc. Comment allons-nous travailler, sans compter le transport ? Nous souhaitons ceci : que le gouvernement nous laisse continuer puisqu’il n’est pas encore en mesure de nous prendre en charge. Qu’il laisse les parents continuer à nous payer en attendant qu’il se prépare. Nous ne pouvons pas commencer une année scolaire avec des dettes, qu’il arrange la situation comme ça nous serons tous d’accord pour la gratuité. Nous avons touché 160 mille francs congolais, avec cette somme on ne peut même pas prendre en charge les enfants qui ne sont pas concernés par la gratuité », a dit cette enseignante.

Félix Tshisekedi annonce que les dépenses de l’éducation passeront de 8% à près de 20% dans le nouveau budget. Il l’a dit dans son allocution à la 5ème édition du Forum Investir en Afrique (FIA5), ce mardi 10 septembre 2019, à Brazzaville (Congo).

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Thérèse Ntumba

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