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Photo ACTUALITE.CD.

Emery Okundji, ministre intérimaire de l’enseignement primaire, secondaire et  professionnel (EPSP), a rassuré que l’enseignement de base sera gratuite dès la rentrée scolaire prochaine dans les écoles publiques sur toute l’étendue de la RDC. C’était à l’ouverture de la deuxième table ronde nationale sur l’opérationnalisation de cette gratuité, lancée le 22 août dernier à Kinshasa.  

Dans la capitale, les parents d’élèves, premiers bénéficiaires de cette décision s’interrogent encore sur l’effectivité de ce processus. 

« La gratuité de l’enseignement est prévue par la constitution même si l’ancien gouvernement ne l’appliquait pas. Et là je salue la volonté de l’actuel pouvoir de bien la mettre en pratique. Il faut que cette mesure ne soit pas une intention de vouloir dire sans acte. Mais son effectivité me dépasse car cette application ne peut être concrète que seulement si l’Etat a ses écoles pour pousser chaque parent à envoyer ses enfants à l’école car ils seront pris en charge. En plus, l’EPSP doit réellement expliquer aux  parents qu’est-ce qui est exactement gratuit : le minerval, la prise en charge des enseignants ou les frais de fonctionnement des écoles parce que je ne sais pas comment une école peut fonctionner quand les enseignants ne sont pas payés. Puisque dans la norme, le minerval, c’est à peine mille ou deux mille francs. Sinon cela risque de créer des incidents entre les parents et certains dirigeants des écoles », s’interroge Maurice, père de quatre enfants.

« Cette décision est d’abord dans l’axe technique car cela doit avant tout être géré dans le budget et d’ailleurs les moyens mobilisés pour payer les enseignants de ces écoles gratuites arriveraient d’où. Nous avons toujours un gouvernement démissionnaire parce que le nouveau n’est pas encore installé. La gratuité sera palpable de quelle manière ? C’est blaguer avec la population. Mais s’ils nous montrent les détails chiffrés dans un document officiel dans ce cas ma perception sera autre. L’exercice de l’ancien régime de 18 ans n’a pas pu aboutir à cette effectivité et pensez-vous que ce régime de 7 mois peut en faire autrement ? Là j’en doute très fort », fait savoir Pierre, tuteur d’une fillette. 

« Cela n’est pas une mauvaise chose car ce programme devrait en principe arriver après l’installation du gouvernement. Ce dernier est censé présenter son programme au parlement avant l’effectivité de toutes choses. La présidence va conduire seule cette décision comme elle a fait avec Ebola à Goma ou soit avec le gouvernement Ilunga qui sortira bientôt et qui, signalons n’a pas pris part à la table ronde. Donc avec la configuration du prochain gouvernement, je ne suis pas sûr que ce programme ira loin et je pense que rien de bon ne sortira de cette table ronde », estime Marianne, mère de 3 garçons de moins de 10 ans.

« Mon souhait est que cette gratuité ne se limite pas seulement dans les écoles de l’Etat mais aussi privées et catholiques qui doivent tous dépendre du gouvernement  tout en les récompensant pour que nos enfants étudient gratuitement. Le gouvernement doit vraiment innover ce secteur car à l’époque les parents n’achetaient que les uniformes et le reste dépendait de l’Etat mais maintenant les exigences et fournitures de cette époque concernant la rentrée sont devenus du commerce qui handicap les parents. Dans tout ça ces paroles sages de notre président doivent être effectives », confie Jean-Claude.

« Je suis content de cette information qui concorde réellement avec les dires de la propagande du chef de l’Etat concernant le secteur de l’éducation. Cela ne doit pas seulement se limiter dans l’éducation pour duper la population car la vraie source des problèmes au Congo est le chômage qui doit être sérieusement traité pour nous permettre de nourrir les enfants car si les parents ont du travail payant, le problème de l’éducation des enfants sera secondaire. La gratuité de l’enseignement de base est une bonne chose qui demande des moyens. Mais l’Etat doit mettre dans ses écoles tous les matériaux didactiques, des bibliothèques, les infirmeries, l’infrastructure moderne et des installations hygiéniques … », dit Sébastien.

« La chance que j’accorde à cette table ronde sur la gratuité est celle d’apporter de bonnes résolutions aux autorités compétentes pour que cela soit effective et pérenne afin d’alléger la vie socio-économique des parents. Je souhaite plein  succès à ces travaux et j’attends ses résolutions pour que le chef de l’Etat s’implique personnellement », souhaite Richard Metelo, responsable de sept enfants.

« Cette décision est positive dans le sens où elle nous soulage de la souffrance des frais scolaires car dans le pays il y’a un sérieux problème d’emplois. Cela doit être en bonne et due forme pour que les enfants étudient dans de bonnes conditions. Cette gratuité ne doit pas occasionner l’insouciance des enseignants. Et il faut qu’il ait un comité de suivi pour poursuivre tous les soucis qui seront dans ces écoles gratuites », déclare Julie.   

La deuxième table-ronde nationale sur l’opérationnalisation de la gratuité de l’enseignement de base en RDC a été lancée au Fleuve Congo Hôtel le jeudi 22 août. Ces assises se poursuivront jusqu’au 24 août prochain.

Plamedie Mayamba