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RDC-Beni : Kisima se vide de sa population, une semaine après l'attaque des combattants ADF

Lundi 12 août 2019 - 14:26
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Photo ACTUALITE.CD.

Les habitants du village de Kisima, situé à plus ou moins 30 km à l'est de la ville de Beni, sur la route Beni-Kasindi (Nord-Kivu) désertent leur milieu, une semaine après l'attaque sanglante des combattants de Allied democratic force (ADF). Deux civils ont été tués, des maisons de commerce pillées, un véhicule incendié et une trentaine de disparus.

Selon la société civile locale, au moins les 3/4 des habitants se sont déplacés vers les villages environnants pour certains et se sont éloignés dans les villes de Beni et Butembo. Parmi ces déplacés, une vingtaine sont des otages de l’attaque, libérés qui redoutent le retour probable des rebelles dans ce village.

« C’est la terreur que nous sommes en train de vivre ici. Nous avons peur des assaillants qui sont passés dans cette entité, la population est déjà partie », explique Kambale Waluvera, un des rares enseignants restés au village.

L’attaque du 5 août est la première dans ce village depuis le début des tueries des civils, il y a cinq ans, dans la région. 32 personnes ont été prises en otage, parmi lesquelles 21 sont revenues et 11 restent en captivité. Les retournés sont pris en charge dans un centre de santé local qui est, à son tour, déserté par ses infirmiers.

« Nous restons ici en garde avec la sentinelle et nous essayons d'aider la population à comprendre la situation et soigner les cas qui peuvent nous arriver. Nous sommes au nombre de 17 infirmiers mais je reste ici seul avec la sentinelle, donc la majorité est partie », témoigne à ACTUALITE.CD, Omer Kasereka, infirmier titulaire adjoint au centre de santé de Kisima.

Dès le lendemain du massacre, des renforts d’une vingtaine de militaires ont été envoyés dans ce village. Mais la présence de ces soldats n’est pas parvenue à rassurer. Selon le porte-parole des FARDC dans la région, il n'y aura pas de dispositifs supplémentaires. Le major Mak Hazukay encourage les habitants à alerter l’armée en cas d'une nouvelle attaque.

Yassin Kombi