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Photo ACTUALITE.CD.

La visite de Félix Tshisekedi le 1 juillet dernier dans le territoire de Djugu n’a pas suffi pour arrêter les violences dans cette partie du pays. Au moins 18 personnes ont été tuées par des hommes armés principalement dans la chefferie de Bahema nord, rapporte la société civile de Djugu.

Félix Tshisekedi avait décidé de maintenir la présence de l’armée dans à Djugu jusqu’à la fin des tueries.

« Après le passage du chef de l’Etat en territoire de Djugu, nous avons déjà enregistré plusieurs tueries. Dans la chefferie de Bahema nord, en groupement Buku, il y a eu quatre morts. Dans le groupement Dendro, on a enregistré cinq morts, la population est en déplacement au centre commercial de Bule. Dans le groupement Sumbuso, il y a eu quatre morts. Dans le groupement Dheja dans la chefferie de Bahema bajere, au rond-point Lida il y a eu trois morts, les assaillants ont détruit le pont juna par lequel les forces de sécurité devaient intervenir en provenance de Drodro. A Junga il y a eu deux morts mercredi. Pour ce jeudi il n’y a pas encore des cas à signaler, mais les exactions se poursuivent à Djugu », a déclaré ce jeudi à ACTUALITE.CD Charité Banza, président de la société civile de Djugu.

M. Tshisekedi a enjoint à l’armée de mener des offensives de « grande envergure » à Djugu (Ituri) et Minembwe (Sud-Kivu) où les violences armées orchestrées par les groupes armés ont déjà fait plusieurs morts et provoqué le déplacement de plus de 300 000 personnes sans compter des villages entiers incendiés. Le chef d’état-major adjoint des forces armées de la RDC, le lieutenant-général Gabriel Amisi s’est rendu à Djugu et Minembwe en vue de « remettre l’ordre ».

Contexte

Les violences armées ont resurgi en avril dernier dans le territoire de Djugu. L’armée a identifié un certain « Ngudjolo » comme le chef de la milice dont les hommes opèrent dans plusieurs localités et dans la chefferie de Mokambo en territoire de Mahagi. 

Mgr Dieudonné Uringi, évêque du diocèse de Bunia, a dénoncé pour sa part, l’existence d’un secte mystico-religieux dénommée CODECO  encourageant les violences qui ont déjà fait plus d’une centaine de morts dans le territoire de Djugu. L’armée a annoncé dimanche avoir démantelé ce groupe armé après les offensives menées depuis le 27 juin pour la conquête du bastion des miliciens situé dans la forêt Wago dans le cadre de l’opération « Zaruba ya Ituri (Ndlr : la tempête de l’Ituri) ». 

Le territoire de Djugu avait déjà été secoué par des violences meurtrières en 2017 et 2018. Plus de 200 civils étaient tués, des villages entiers incendiés et plus de 2000 personnes avaient traversé le lac Albert pour vivre en Ouganda. Des centaines de déplacés internes arrivés à Bunia étaient installés autour de l’hôpital général. Cette année, le HCR a dénombré plus de 300 000 personnes qui ont fui les violences depuis début juin dans les territoires de Djugu et Mahagi.

Patrick Maki