Sanctions contre le Rwanda: "l’action d’aujourd’hui témoigne de la détermination des États-Unis à faire respecter les accords de Washington", souligne le Département d’État

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Signature des accords de Washington pour la paix et la prospérité

Les États-Unis, à travers l’Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du département du Trésor américain, ont imposé ce lundi 2 mars 2026 des sanctions aux Forces de défense rwandaises (FDR) ainsi qu’à quatre de leurs officiers supérieurs, en raison de leur soutien opérationnel direct au Mouvement du 23 mars (M23) et à ses affiliés dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Selon Washington, le M23, entité sanctionnée par les États-Unis et par l’Organisation des Nations unies (ONU), est responsable de graves violations des droits humains, notamment des exécutions sommaires et des violences à l’encontre de civils, y compris des femmes et des enfants. Le soutien continu des FDR et de leurs hauts responsables a permis au M23 de s’emparer de territoires souverains de la RDC et de poursuivre ces exactions.

À cette occasion, le Département d’État américain a réaffirmé son soutien indéfectible à la paix et à la stabilité dans l’est de la République démocratique du Congo ainsi que dans l’ensemble de la région des Grands Lacs. Selon le communiqué signé par Thomas Pigott, porte-parole adjoint principal, les sanctions prises par l’Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du département du Trésor américain doivent être considérées comme un moyen de faire respecter les accords de Washington.

"Les États-Unis réaffirment leur soutien indéfectible à la paix et à la stabilité dans l'est de la RDC et dans l'ensemble de la région. Les Accords de Washington marquent un tournant décisif pour la région des Grands Lacs, ouvrant la voie à une nouvelle ère de paix, de coopération et de prospérité entre pays voisins. L'action d'aujourd'hui témoigne de la détermination des États-Unis à respecter les Accords de Washington. Comme l'a clairement indiqué le président Trump, les États-Unis sont prêts à utiliser tous les moyens à leur disposition pour garantir que la RDC et le Rwanda honorent les engagements de cet accord historique", rapporte le Département d'État américain 

Ces sanctions interviennent dans un contexte où la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo demeure préoccupante et précaire, à la suite des combats généralisés opposant la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda selon les Nations unies, aux forces gouvernementales. Ces affrontements continuent d’affecter gravement le bien-être des populations civiles et d’aggraver la situation humanitaire dans cette partie du pays, dans un contexte marqué par la réduction des financements humanitaires à l’échelle mondiale ainsi que par les difficultés d’accès des acteurs humanitaires aux zones affectées, en raison des combats opposant les différents protagonistes.

Présentant la situation sécuritaire et opérationnelle sur les différents fronts lors de la 80ᵉ réunion du Conseil des ministres, le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Guy Kabombo, a fait état du bon comportement des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) face à ce qu’il a qualifié d’attitude belliciste de la coalition RDF/AFC-M23. Selon lui, cette attitude est notamment caractérisée par la prédation des minerais stratégiques dans les zones occupées, ainsi que par des violations systématiques du cessez-le-feu, à travers des attaques récurrentes.

Pour sa part, la rébellion de l'AFC/M23 présente à son tour les faits à sa manière, démontrant les difficultés persistants pour les deux parties de parler un même langage en dépit de leur engagement dans les initiatives diplomatiques de paix notamment le processus de Doha sous l'égide de l'État du Qatar. Dans un communiqué publié ce samedi 28 février 2026, le mouvement rebelle alerte la communauté nationale et internationale : le régime Tshisekedi a délibérément décidé de bafouer le cessez-le-feu et leur imposer une guerre totale dans l'Est de la République démocratique du Congo.

Pour ce mouvement rebelle, appuyé par le Rwanda selon l’ONU, cette guerre généralisée impose à ses soldats et aux populations civiles de devenir les principales cibles des drones, même en dehors des lignes de front. Selon le communiqué, ces violations flagrantes ont coûté la vie à l’un de leurs officiers supérieurs de l’Armée révolutionnaire congolaise (ARC), le Colonel Willy Ngoma, tombé le 24 février 2026, et continuent d’ôter la vie à de nombreux compatriotes innocents.

Sur la scène internationale, les initiatives diplomatiques à savoir les processus de Washington et de Doha, appuyés par l'Union africaine, progressent sur le papier mais peinent à produire des résultats concrets sur le terrain, dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’entre Kinshasa et l’AFC/M23. Face à ce statu quo, l’AFC/M23 continue d’administrer de vastes pans du territoire national dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Clément MUAMBA