Des dizaines d'habitants de Burayi, dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu), ont manifesté, samedi 4 mai, dans les rues de cette contrée, dénonçant l'assassinat du conducteur d'une moto-taxi par un militaire, la veille (vendredi).
Les protestataires ont bloqué, pendant plusieurs heures, la route Goma-Butembo, à la hauteur de Burayi, proche de Rutshuru-centre. La victime a été abattue par balles, vendredi vers 14 heures, par un soldat pendant qu'il consommait une boisson locale.
L'assaillant en tenue militaire a logé deux coups de balle dans la tête du taximan, mort sur place. Cet assassinat a provoqué un tollé dans cette localité.
Les taximen-moto et la population de Rutshuru ont manifesté en transportant le corps de la victime jusqu'au bureau de l'administration territoriale.
La foule en furie a été dispersée par la police. Le calme est revenue après une concertation entre les autorités locales, la société civile et la famille biologique du défunt. Face à un regain d'insécurité, la société civile projette deux journées de marche de protestation (les 9 et 10 mai) pour dénoncer la persistance de l'insécurité dans la région.
Frontalier avec l'Ouganda, Rutshuru fait partie des territoires en proie à l'insécurité et à l'activisme des groupes armés dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC).
La majeure partie de ce territoire est composée du parc des Virunga, foyer de nombreux groupes armés dont les rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR).
Ces groupes sont visés par l'armée congolaise dans le cadre des opérations Sukola 2, lancées depuis 2015, en pleine crise entre Kinshasa et l'ONU.
Roger Sebyera, à Rutshuru