Une antenne de la Ceni à Yumbi / Ph. Actualite.cd

L'ampleur des violences interethniques qui ont eu lieu, les 16 et 17 décembre dernier, dans le territoire de Yumbi - et qui ont fait plus de centaines de morts - a été facilitée par l’absence de l'autorité de l'Etat, ont conclu les enquêteurs de l'ONU dans un rapport publié, ce mardi 12 mars.

"L’ampleur des violences des attaques dans le territoire de Yumbi a été facilitée par l’absence de l’autorité et des services de l’Etat qui puisse agir et être perçus comme neutres, et par le rôle prédominant des autorités et règles coutumières dans le territoire", souligne le rapport qui étaye les faits dans une vingtaine de pages.

Avant les attaques des 16 et 17 décembre, seuls 27 à 30 agents de la PNC étaient déployés dans la ville de Yumbi, répartis au sein du commissariat territorial et de quatre sous-commissariats urbains et équipés seulement de cinq armes à feu et de matériel de protection individuelle (tenues renforcées et boucliers) pour le maintien de l’ordre, explique l'ONU.

"Les agents de la PNC de Yumbi étaient directement ou indirectement affiliés à l’une ou l’autre des communautés impliquées dans les violences, et plusieurs parmi ceux de la communauté Batende se sont rangés auprès des assaillants", lit-on dans le rapport.

Les enquêteurs regrettent qu'en dépit des signes de tensions croissantes et des échéances électorales, "aucune mesure préventive n’a été prise pour renforcer la présence de l’Etat dans ce territoire et éviter les violences" entre les deux communautés.

L'ONU affirme que les autorités territoriales et provinciales étaient saisies de la situation de "tensions exacerbées entre les deux communautés, à partir du début du mois de décembre 2018". Elles avaient été informées de l’imminence d’une attaque, et des préparatifs et rencontres dans les villages Batende,

Les attaques ont été "planifiées et organisées" suivant un même mode opératoire, indiquant que les assaillants auraient reçu des instructions.

"Les attaques ont été extrêmement violentes et rapides, laissant peu de temps à la population pour fuir", indique le rapport qui sera officiellement présenté à la presse, le mercredi 13 mars, par la mission de l'ONU pour la stabilisation en RDC ( MONUSCO). 

L’enquête onusienne conclue à des possibles "crimes contre l’humanité par meurtre, persécution, transfert forcé de populations ou violences sexuelles". Les autorités n'ont pas encore réagi.

Christine Tshibuyi

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