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Après l’incendie de l’entrepôt de la CENI, à Kinshasa, qui a provoqué la perte d’un important nombre de matériels électoraux, la population kinoise réagit au micro du Journal du Citoyen.

Nombreux sont ceux qui redoutent le report des élections à cause de cet incident survenu aux petites heures de ce jeudi 13 décembre 2018.

« Je suis rassuré qu’il n’y aura pas d’élections ce 23 décembre comme les machines ont été brûlées cette nuit. La CENI doit nous dire clairement combien de machines ont été réceptionnées jusque-là et il faut nous montrer aussi les machines qui sont restées. Et si réellement c’est brûlé, cela ne doit pas empêcher la tenue des élections. Parce que nous allons utiliser les bulletins afin de changer ce régime en place», s’exprime Béatrice, âgée d’environ une quarantaine d’années, vendeuse dans un restaurant de fortune.

«Nous sommes dans une période d’acheminement des matériels électoraux. Nous supposons qu’il n’y a presque rien de grave dans cet entrepôt. Donc cet incident n’empêchera pas la tenue des élections. Après le 23 décembre, nous devons impérativement avoir le nouveau président », déclare Pablo Mumpidi, un quinquagénaire, vendeur des téléphones portables.

« Je ne pense plus à la tenue des élections cette année. Parce qu’ils ont vu qu’il nous reste 10 jours pour voter, ils veulent monter un coup pour distraire le peuple congolais et donner la chance au pouvoir en place de rester. Alors je propose que la communauté internationale nous facilite une période de transition sans le président Kabila et Corneille Nangaa. Nous souffrons beaucoup dans ce pays. Il n’y a pas de travail, les SDF sont partout dans la ville et aussi l’insécurité. Nous ne voulons plus de ce régime. Ce que nous demandons c’est juste la tenue des élections cette année», dit Vidi Yoka, changeur des monnaies, âgé d’une quarantaine années.

«C’est une manœuvre qu’ils font pour retarder les élections. C’est un plan bien planifié par la CENI et le pouvoir en place. Ils ne veulent pas la paix puisque sans les élections, certainement il y aura des désordres dans le pays après le 23 décembre», déclare Aimer Ibenge, âgé de 20 ans.

« Selon ce que j’ai suivi, la CENI confirme la tenue des élections malgré l’incendie de son entrepôt. C’est certain que les matériels qui ont été brûlés ne sont juste que quelques machines. Ils sont d’ailleurs en train de faire leur enquête pour nous dire ouvertement ce qui s’est passé», estime Serge Ngalamulume, cambiste de plus de 20 ans.

« On donne raison à Félix Tshisekedi parce qu’il avait dit qu’avec ou sans la machine à voter, nous irons aux élections le 23 décembre cette année. Nangaa nous a beaucoup menti. Il est temps de s’en débarrasser. Et nous demandons à Martin Fayulu de rejoindre le camp de Félix afin de poursuivre la marche ensemble. Donc notre souhait est d’aller a la transition mais sans Kabila», dit Noëlla, 30 ans, vendeuse au restaurant.

«Ce qui nous étonne, c’est que Martin Fayulu n’a jamais accepté la machine à voter. Mais quand nous apprenons que l’entrepôt a été brûlé, nous estimons qu’il y a un complot entre Fayulu, le pouvoir en place et Félix qui avait dit qu’avec ou sans la machine à voter, nous irons aux élections. Maintenant qu’est ce qu’il fera par ce qu’il nous reste que 10 jours pour la tenue des élections », s’interroge, un passant qui a requis l’anonymat.

Propos recueillis par Noëlla Sango et Hervé Kabwatila

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