L’Assemblée nationale, à travers un suivi régulier de l’exécution du budget de l’État et un contrôle parlementaire efficace, s’acquittera volontiers de sa mission d’accompagner le gouvernement dans ses efforts de maximisation des recettes publiques. Ces assurances ont été réitérées ce lundi 16 mars 2026 par le président de l'Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, lors de l'ouverture de la session ordinaire de mars 2026 au Palais du Peuple.
Dans cette optique, il a convié le gouvernement de la République à soumettre au Parlement le projet de loi des finances rectificative pour l’exercice 2026, afin d’ajuster certaines prévisions budgétaires aux réalités économiques actuelles et aux nouvelles priorités nationales.
Selon lui, le collectif budgétaire 2026 s’impose aux élus, d’autant plus que, depuis le mois de janvier, les régies financières accusent un déficit en termes de recettes et que les indicateurs macroéconomiques indiquent que cette situation risque de perdurer.
"A cet effet, j’invite le Gouvernement, à ne pas perdre de vue, l’impérieuse nécessité de s’assurer de la bonne exécution des dépenses contraignantes, avec en priorité celles de la rémunération des agents et fonctionnaires de l’État. Aussi, le gouvernement devrait-il s’assurer de l’exécution optimale des dépenses en capital en vue de maintenir le rythme de croissance économique enregistré au cours des dernières années. Dans cette perspective, Il est donc important, que le gouvernement applique pleinement l’orientation du President de la République de rationaliser les structures de l’Etat en élaguant certaines agences et autres excroissances étatiques budgétivores, afin d’asseoir la soutenabilité de notre budget en matières des dépenses publique", a déclaré le président de l'Assemblée nationale Aimé Boji Sangara
Toujours en matière de finances publiques, il a fait savoir que son institution aura également l’opportunité d’innover dans ses pratiques parlementaires, avec l’organisation du tout premier Débat d’Orientation Budgétaire, programmé pour le 10 juin prochain. Ce débat permettra à l’Assemblée nationale d’examiner en amont les grandes orientations de la politique budgétaire du gouvernement, telles que déclinées dans le Cadre Budgétaire à Moyen Terme 2027-2029 (CBMT 2027-2029), d’en débattre publiquement et d’y apporter les contributions nécessaires avant l’élaboration du projet de loi de finances de l’exercice budgétaire 2027. Selon Aimé Boji, Il s’agit d’une avancée significative dans le renforcement de la transparence budgétaire, de la redevabilité et du rôle de contrôle du Parlement.
Intervenant lors de la 82ᵉ réunion du Conseil des ministres, le Président de la République, Félix Tshisekedi, avait rappelé aux membres du gouvernement l'importance de la rationalisation des dépenses publiques, au cœur des priorités de l’exécutif. Face à la prolifération des fonds, commissions, cellules et autres structures publiques, Félix Tshisekedi a décidé de renforcer leur encadrement afin de préserver les équilibres macroéconomiques du pays.
Selon le compte rendu de la réunion, le Président Tshisekedi avait insisté sur la nécessité d’allouer les ressources publiques de manière efficiente, en éliminant les dépenses non prioritaires ou insuffisamment justifiées et en renforçant la discipline dans l’organisation de l’action publique. Pour garantir la cohérence et la soutenabilité financière de ces structures, toute création future devra désormais être validée préalablement par la Première ministre, qui évaluera la pertinence stratégique, la valeur ajoutée institutionnelle et l’impact budgétaire, avant de soumettre le projet à l’arbitrage final du Président de la République.
C'est dans ce contexte, selon les instructions de Félix Tshisekedi, que le gouvernement procédera à une évaluation globale des structures existantes. L’exercice visera à distinguer celles dont l’utilité est avérée et qui contribuent efficacement à la mise en œuvre des politiques publiques, de celles dont la pertinence est limitée ou dont les missions peuvent être absorbées par des structures déjà en place, afin de réduire les doublons et d’optimiser les ressources de l’État.
Cette instruction du Président Tshisekedi à l'endroit du gouvernement n’est pas la première. Déjà au mois de mai de l'année dernière, Félix Tshisekedi avait donné une instruction similaire qui, dans la pratique, n’a pas été mise en œuvre. Ce comportement relance le débat sur la sérieux du gouvernement dans la mise en œuvre des instructions présidentielles à la suite des réunions du Conseil des ministres.
Clément MUAMBA