<strong><em>Les responsables du Conseil œcuménique des Églises (COE) demandent aux confessions religieuses, basées en République démocratique du Congo, de parler d’une seule voix en cette période de l’histoire de la RDC. </em></strong><em> <strong>Le secrétaire général du COE, le pasteur Olav Fykse Tveit, a accordé une interview à ACTUALITE.CD à l’issue de la mission des responsables du Conseil œcuménique des Églises du 19 au 21 août en RDC.</strong></em>

<strong>Quel est le bilan global de votre mission en RDC ?</strong>

Ma mission ici a consisté à montrer un signe de solidarité de la part de l’église mondiale, via l’église catholique et l’église protestante, au peuple congolais dans cette période cruciale pour la justice et la paix pendant laquelle vous vous préparez aux élections.

<strong>Qui avez-vous rencontré ?</strong>

Nous avons un message à porter auprès des autorités congolaises : cette période est le moment unique, l’unique opportunité pour améliorer la situation de plusieurs personnes dans ce pays. Il y a assez de souffrance, assez de violence. C’est le moment du changement. Nous avons rencontré les autorités religieuses, notamment celles des catholiques et des protestants, les responsables de la CENI ainsi que les bureaux du Parlement. Nous avons essayé de comprendre en quoi ces élections sont si importantes et quelles peuvent en être les obstacles.

<strong>Selon vous, le retrait du président Kabila de la course électorale est-elle nécessairement une garantie ou avez-vous d’autres inquiétudes sur le processus électoral ?</strong>

Nous n’avons pas eu à traiter de ce genre de questions. Pour nous, il faudrait que le processus électoral soit préparé dans un climat de confiance de sorte que les résultats qui en sortiront soient également acceptés de tous. C’est très important. Maintenant, il faut s’assurer qu’il y a consensus, confiance en l’usage de la machine à voter et sur la manière dont le processus électoral est conduit.

<strong>Etes-vous optimiste ?</strong>

Nous devons être optimistes que quelque chose pourra changer non seulement dans ce pays mais aussi dans d’autres pays.

<strong>Que pensez-vous de la signature de la charte du FCC par certains religieux ? En effet, le gouvernement a toujours déclaré que l’Eglise ne doit pas s’ingérer dans la vie politique...</strong>

L’Eglise est soucieuse du bien-être de la population. Elle souffre avec ceux qui souffrent de la violence ou de l’injustice. Ceci, d’un point de vue moral. Mais cela a toujours eu une dimension politique parce qu’il y a un système politique en arrière-fond de toutes ces questions. Ceci ne voudrait pas dire que l’Eglise devient un parti politique, mais l’Eglise ne peut pas être silencieuse.

<strong>Etes-vous inquiet de l’instrumentalisation de certaines églises de réveil ?</strong>

Dans l’Eglise mondiale, nous avons comme membre l’église protestante traditionnelle, nous travaillons en étroite collaboration avec l’église catholique romaine. Dans un pays où il y a la liberté religieuse, toutes les confessions ont le droit d’exprimer leur foi. Ce qui est important comme Eglise, c’est de ne pas vendre l’Evangile pour nos propres intérêts. Ainsi, l’Evangile nous encourage d’aimer nos prochains et de nous concentrer sur les besoins des autres.

<strong>Quel devrait être le rôle et la place de l’Eglise dans la crise en République Démocratique du Congo ?</strong>

Je pense que l’Eglise, les Protestants, les Catholiques et les autres, doivent se mettre ensemble pour faire la différence. Ils doivent montrer qu’ils ont un seul intérêt, un seul bien pour lequel ils se battent. Ils doivent être impartiaux. Ils doivent parler à toutes les parties concernées durant la campagne. Ils doivent les encourager à être des agents de la paix.

<strong>On a l’impression que les sièges de grandes églises encouragent les églises locales établies au pays à parler d’une seule voix.
</strong>

Nous pensons que quand il s’agit du besoin d’élections pacifiques, la paix pour le futur, avec la justice pour ce pays, les églises doivent avoir un même message et le transmettre ensemble.

<strong>Quelles sont vos principales préoccupations concernant la crise dans ce pays ? </strong>

Je pense que les églises au niveau international et les églises locales ont le défi de prouver qu’elles visent le bien-être des populations en les soulageant des difficultés d’aujourd’hui et en prévenant celles de demain. C’est important qu’elles aient la crédibilité non seulement pour guérir les blessures d’aujourd’hui mais également pour faire quelque chose pouvant guérir la nation demain.

<em>Le Conseil œcuménique des Églises (COE) est une organisation non gouvernementale à intérêt social et à caractère confessionnel qui se veut une « communauté fraternelle d'Églises qui confessent Jésus-Christ comme Dieu et Sauveur. L'objectif du COE est l'harmonie entre les chrétiens au travers des réalisations concrètes communes. Le Conseil a été fondé en 1948 à Amsterdam, au Pays-Bas, et a son centre administratif à Genève, en Suisse. </em>

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