<b>La Journée internationale de la sensibilisation au problème des mines et de l'assistance à la lutte anti-mines a été célébrée ce mercredi 4 avril 2018. En RDC, le Nord-Kivu reste la région qui compte un plus grand nombre de mines et reste d’engins explosifs à cause des multiples conflits armés. </b>
Cette année la Journée de lutte contre les mines a été placée sous le thème : <i>“Soutenons tous la participation de la femme et de la jeune fille dans l'action contre les mines et restes explosifs de guerre en RDC”</i>. Au Nord-Kivu, la présence des mines et autres explosifs de guerre ne favorise pas notamment les activités rustiques, source principale de revenu de la population locale.
<i>“Il y a des déplacés et des réfugiés qui ont quitté chez eux. Le jour où ils rentreront, ils devront savoir qu'il y a un service de lutte anti-mines qui devra leur garantir un retour paisible pour qu'en rentrant dans leurs champs, dans leurs villages, qu'ils ne puissent pas tomber sous le coup des explosions. Parce que s'il y a autant des mines dans les espaces où on devait cultiver, cela affecterait la production agricole et naturellement la vie socio-économique de nos populations”</i>, a déclaré Julien Paluku, gouverneur du Nord-Kivu, lors de la cérémonie commémorative de cette Journée.
Selon les statistiques du <em>Service</em> de l'action anti-mines des Nations Unies (<em>UNMAS</em>), sur 97 cas dont 62 blessés et 35 tués des victimes des mines en RDC depuis 2015, le Nord-Kivu compte 47 victimes dont 38 blessées et 9 tuées. Ce qui a, selon King Kilema Venance, chargé national des opérations à UNMAS, impacte négativement sur les activités agricoles dans cette partie du pays.
<b>Géolocalisation des zones minées </b>
Selon Joseph Makundi, coordonnateur zone Est du Centre congolais de lutte anti-mines (CCLM), tous les six territoires de la province du Nord-Kivu regorgent encore des “<em>quantités importantes</em>” des mines et restes des explosifs de guerre.
<i>“Cette pollution suit la configuration des groupes armés dans notre entité. Notre zone est exposée aux munitions. Je peux citer ici Kamango, à Beni, où on confirme la présence des mines artisanales fabriquées par les ADF. Il y a cependant des opérations militaires qui s'y déroulent. Les démineurs n'y devront accéder qu'après ces opérations-là”</i>, affirme-t-il.
Les territoires de Nyiragongo et Rutshuru, jadis théâtres des affrontements entre les FARDC et les rebelles du M23, vont bénéficier des services de l’Ong Afrique pour la lutte anti-mines (AFRILAM) afin de remédier à la problématique d’engins explosifs dans la zone.
<i>“Nous allons mettre en place deux activités principales à Rutshuru et Nyiragongo. D'abord la dépollution de ces zones des mines et restes des explosifs de guerre. Ensuite, nous allons procéder à l'enquête non technique qui est la sensibilisation des populations aux dangers des mines anti-personnelles et des restes explosifs de guerre”</i>, promet Laurent Alemo, chef de projet d’AFRILAM, Ong créée en 2008 à Kisangani.
<i>“La vie ne peut reprendre son cours normal que lorsque les champs sont nettoyés et les écoles et hôpitaux sécurisés”</i>, a indiqué Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU dans son message adressé aux États membres à l'occasion de cette Journée.
<b>Jonathan Kombi</b>