En République démocratique du Congo, la gratuité de l’éducation de base dans les écoles primaires publiques continue de demeurer l'une des priorités de l'action du gouvernement central. Les chiffres sont encourageants depuis la mise en œuvre effective de cette mesure. Lors de la présentation du projet de loi de finances pour l’exercice 2027 ce jeudi 29 octobre à l’Assemblée nationale, la Première ministre, Judith Suminwa a annoncé que près de 6 millions d’élèves ont été récupérés de la déperdition scolaire grâce à la mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement de base.
La cheffe du gouvernement a également mis en avant les efforts engagés pour améliorer les conditions d’apprentissage dans les établissements scolaires, notamment à travers l'opération « Pas d’écoles sans bancs sous Suminwa » menée avec l’appui du Service national.
« Le nombre d’élèves récupérés de la déperdition scolaire, grâce à la gratuité de l’enseignement, avoisine les 6 millions. Ainsi, l’opération “Pas d’écoles sans bancs sous Suminwa” prend du chemin avec l’appui du Service national. Votre gouvernement ne ménagera aucun effort pour atteindre l’objectif final », a indiqué Judith Suminwa.
Face à cette situation, et dans le cadre de cet exercice réglementaire et légal, la Première ministre a fait savoir que dans le cadre du projet de loi de finances pour l'exercice 2027, le gouvernement de la République entend faire davantage dans le secteur de l'Éducation nationale.
Elle a indiqué que dans le nouveau projet de budget 2027, le quatrième pilier du programme d'action du gouvernement, intitulé « Garantir l’accès aux services sociaux de base », bénéficie de 14 151 milliards de francs congolais, correspondant à 6,2 milliards de dollars américains. Selon elle, cette enveloppe couvre l’ensemble des secteurs sociaux, tels que l’éducation, la formation professionnelle, la santé publique, l’accès à l’eau potable et à l’électricité, la protection sociale, la culture ainsi que la promotion des activités de la jeunesse et des sports.
« Spécifiquement pour l’éducation, les ressources allouées vont consolider la mesure de la gratuité de l’enseignement primaire et soutenir son extension aux 7e et 8e années de l’éducation de base dès l’année scolaire 2027-2028. Ces ressources appuieront également la construction, la réhabilitation et l’équipement des écoles, la formation des enseignants, la prise en charge salariale de nouvelles unités ainsi que le départ à la retraite des enseignants remplissant les conditions requises », a-t-elle expliqué.
Le projet de loi de finances pour l'exercice 2027 présente un budget en équilibre, en recettes et en dépenses, à 56 930 milliards de francs congolais soit environ 24,8 milliards de dollars américains, en accroissement de près de 12 % par rapport au budget rectificatif de l’exercice 2026. Ce projet de budget présenté par la Première ministre Judith Suminwa peut subir des modifications une fois examiné et adopté au niveau de l'Assemblée nationale tout comme au Sénat.
Il en est de même pour les crédits affectés aux différents secteurs de la vie nationale. À ce stade, ils ne sont pas encore définitifs. Le Parlement, à travers ses deux chambres, à savoir l'Assemblée nationale et le Sénat, est compétent, lors de l'examen approfondi de ce texte, pour accroître les crédits alloués à tel ou tel autre secteur, les réduire pour certains secteurs ou encore les maintenir. Cet exercice donne lieu à des arbitrages au niveau des commissions économiques et financières ainsi que du contrôle budgétaire, puis au sein des assemblées plénières de l'Assemblée nationale et du Sénat, jusqu'à l'adoption d'options communes en cas de divergences.
Le début de l'examen de ce texte pour l'exercice 2027 a été précédé par celui du projet de loi portant reddition des comptes de l'exercice 2025. Selon les dispositions de la loi relative aux finances publiques, dite LOFIP, l'examen des comptes de l'exercice budgétaire clos doit précéder celui du nouveau projet de loi de finances.
Clément MUAMBA