Le gouvernement congolais a fermement condamné mercredi les propos d’un cadre du parti présidentiel menaçant d’armer des jeunes et de s’en prendre aux ressortissants occidentaux présents à Kinshasa, dans un contexte de tensions diplomatiques entre la République démocratique du Congo et la Belgique.
Fils Mukoko, directeur général adjoint de la Régie d’assainissement de Kinshasa et cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a affirmé que des armes pourraient être distribuées dans plusieurs lieux publics.
« Nous allons distribuer les armes même dans des terrains de football. Nous allons distribuer les armes même dans des églises. Nous allons distribuer les armes même dans des universités », a-t-il déclaré dans une intervention diffusée sur les réseaux sociaux.
S’en prenant ensuite à la Belgique et aux Occidentaux, qu’il accuse de chercher la guerre, il a averti que « les Occidentaux qui sont ici auront du mal à sortir de Kinshasa ».
Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a condamné « de la manière la plus ferme » des propos qu’il a qualifiés d’« horreur absolue ».
Ces déclarations « n’engagent nullement le gouvernement ni aucune autre institution », a-t-il précisé sur le réseau social X.
Selon lui, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), la ville de Kinshasa et d’autres services compétents ont été saisis afin de « tirer les conséquences » de ces propos.
Le porte-parole a également assuré que les autorités ne toléreraient « aucune forme d’appel à la violence » ni aucun discours stigmatisant les partenaires occidentaux de la RDC. Il a affirmé que des dispositions avaient été prises pour assurer la sécurité des missions diplomatiques, de leur personnel et de leurs sièges.
Réuni mercredi, le bureau du CSAC a décidé d’imposer à Fils Mukoko un « embargo médiatique » de 88 jours, selon un message publié par un responsable de l’institution. Le régulateur l’a également invité à se présenter dans ses bureaux pour une audition.
Ces déclarations interviennent quelques jours après une mesure prise par la présidence congolaise à l’égard de l’ambassade de Belgique.
Dans une note circulaire datée du 15 octobre, le directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi, Anthony Nkinzo Kamole, a demandé aux membres du cabinet présidentiel de s’abstenir, jusqu’à nouvel ordre, de tout contact direct ou indirect avec l’ambassade belge et son personnel.
La note ne précisait pas les motifs de cette décision. Elle prévoyait que toute communication jugée nécessaire soit préalablement autorisée et passe exclusivement par le ministère congolais des Affaires étrangères.
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