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Est de la RDC : deux eurodéputés dénoncent les violences et réclament l’application des sanctions contre le Rwanda

Les rebelles du M23 à Goma

Des eurodéputés ont dénoncé, mardi 20 octobre, les violences persistantes dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) et appelé l’Union européenne (UE) à prendre des mesures concrètes contre le Rwanda, accusé de soutenir les rebelles de l’AFC/M23. Les interventions lors de la plénière ont également porté sur le rapprochement entre l’ancien président congolais Joseph Kabila et cette rébellion, qu’il a rebaptisé Front pour la refondation (FRN), et dont il a pris la tête.

Prenant la parole au Parlement européen, le député français Thierry Mariani a dénoncé ce qu’il qualifie de « génocide de tout un peuple pour des raisons de prédation économique ». Il désigne directement le Rwanda de Paul Kagame comme « le premier coupable » et l'accuse d'occuper militairement la RDC et d'en piller les richesses minières depuis 1996.

Thierry Mariani a également reproché à l’Union européenne son manque de fermeté face aux quelque 6 millions de morts qu'il recense au Kivu et en Ituri. Il lui reproche même de « collaborer » avec Kigali, à travers un accord sur les minerais et un financement de l'armée rwandaise jusqu'en mars 2026.

Il s’est notamment appuyé sur le rapport Mapping des Nations unies qui documente les violations les plus graves des droits humains et du droit international humanitaire commises en RDC entre 1993 et 2003. Ce rapport évoque notamment des faits qui, s’ils étaient établis par une juridiction compétente, pourraient être qualifiés de crimes de génocide.

Le député français a par ailleurs appelé Bruxelles à mettre fin à ce qu’il considère comme des « compromissions » et à appliquer les sanctions réclamées par le Parlement européen contre Paul Kagame et des membres de son entourage.

Hilde Vautmans préoccupée par le rapprochement entre Kabila et l’AFC/M23

De son côté, l’eurodéputée belge Hilde Vautmans a exprimé sa « profonde » inquiétude face au rapprochement entre Joseph Kabila et les rebelles soutenus par le Rwanda.

« Depuis plus de 30 ans, la guerre ravage l’Est de la RDC, l’un des conflits les plus meurtriers depuis la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, le rapprochement de Joseph Kabila avec les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, nous inquiète profondément », a-t-elle déclaré.

L’élue a rappelé que le Parlement européen avait adopté deux résolutions appelant notamment à la paix dans l’Est de la RDC, au retrait des forces rwandaises et à l’adoption de sanctions. Elle a exhorté les institutions européennes à assurer la mise en œuvre effective de ces textes.

« Je demande aujourd’hui d’insister auprès des institutions européennes pour que nos résolutions soient pleinement mises en œuvre et que les sanctions contre le Rwanda soient effectivement appliquées. Nos résolutions ne peuvent pas rester lettre morte. L’Europe ne peut pas se taire. La crédibilité de notre Parlement est en jeu », a-t-elle poursuivi.

Ces prises de position interviennent à quelques jours du 30e anniversaire du début de la guerre qui a éclaté dans l’Est de l’ancien Zaïre en 1996. Malgré ces multiples appels, cette partie de la RDC reste marquée par des conflits armés.

Le 12 octobre dernier, Joseph Kabila, président de la RDC entre 2001 et 2019, a lancé à Goma, une nouvelle coalition politico-militaire dénommée Front pour la refondation de la nation (FRN). Joseph Kabila en assurera lui-même la présidence, secondé par Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa, ainsi que Sultani Makenga qui garde en même temps son poste de chef d’état-major de la rébellion. 

James Mutuba


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