Le Laboratoire de recherche en sciences de l’information et de la communication (LARSICOM) totalise quatre années d’existence, avec la même ambition : offrir aux chercheurs un espace de confrontation d’idées, de production de connaissances et, surtout, de dialogue entre la recherche scientifique et les préoccupations concrètes de la société.
Lancé le 20 octobre 2022 au Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa, le LARSICOM s’est fixé une ligne directrice claire qu'il poursuit : ne pas se limiter à observer les transformations de la société, mais contribuer à les comprendre, à les expliquer et à éclairer les décisions dans la pratique professionnelle.
Lors d’une conférence de presse organisée mardi 20 octobre, le président du LARSICOM, le professeur Pierre N’Sana, enseignant en sciences de l’information et de la communication à l’Université des sciences de l’information et de la communication (UNISIC), est revenu sur les principales réalisations du laboratoire, articulées autour de quatre acquis majeurs.
Une dynamique de recherche collective
Le premier acquis mis en avant par le professeur Pierre N’Sana concerne la mise en place d’une dynamique de recherche collective, concrétisée notamment par les « Rencontres congolaises sur le journalisme », organisées avec l’appui de MILRDC.
« La première édition de ces rencontres a eu lieu en mai 2023 et s’est intéressée au journalisme sous l’emprise des écrans multiples. La deuxième, en mai 2025, a interrogé les rapports entre le journalisme et l’intelligence artificielle, que le laboratoire a situés entre méfiance et révérence », a rappelé le président du LARSICOM.

À ces initiatives se sont ajoutés les « Martelaxis », des rendez-vous trimestriels consacrés à la réflexion et aux débats autour des enjeux majeurs du secteur de l’information et de la communication.
Le laboratoire a également mis en place un cadre de rencontres scientifiques internes destinées à discuter des approches théoriques et méthodologiques, à examiner de manière critique les travaux de recherche et à découvrir de nouvelles publications scientifiques.
À travers ces initiatives, le LARSICOM entend rapprocher trois univers qui, selon son président, entretiennent encore trop peu de liens : les chercheurs, les professionnels et les décideurs.
« Une recherche qui ignore les réalités professionnelles risque de devenir abstraite ; et une pratique professionnelle qui ne s’interroge jamais sur ses fondements théoriques risque de perdre tout son sens », a soutenu Pierre N’Sana.
La valorisation des connaissances et la visibilité scientifique
Le deuxième acquis concerne la production, la protection et la valorisation des connaissances. Dans ce cadre, le LARSICOM a conduit plusieurs études, notamment sur les médias sociaux et la désinformation dans le contexte électoral congolais, ainsi que sur les discours médiatiques et les stratégies déployées lors des dernières élections.
Le professeur Pierre N’Sana a également souligné les avancées enregistrées au cours de la dernière année scientifique en matière de visibilité du laboratoire. Celles-ci portent notamment sur l’identification des chercheurs, l’indexation de leurs productions scientifiques et le référencement du laboratoire.
« Notre ambition n’est donc plus seulement de produire des connaissances, mais de faire en sorte qu’elles soient accessibles, identifiables, consultables et reconnues », a-t-il indiqué.
Un engagement dans les débats publics
Le troisième acquis mis en avant porte sur l’implication du LARSICOM dans les débats publics. Pour ce laboratoire, les sciences de l’information et de la communication ne peuvent rester en marge des enjeux démocratiques et sociaux auxquels la République démocratique du Congo est confrontée.
En février 2026, le LARSICOM a ainsi mené une campagne médiatique en faveur du droit d’accès à l’information publique en RDC, à travers des émissions radiophoniques, des podcasts et des supports numériques.
« À travers ces initiatives, nous avons voulu rappeler que l’accès à l’information publique n’est pas seulement une préoccupation journalistique ; il constitue également une exigence de transparence, de redevabilité et de bonne gouvernance », a souligné Pierre N’Sana.
Au terme de ces quatre années d’existence, le LARSICOM entend poursuivre son engagement au cœur des transformations de la société congolaise, en renforçant les liens entre la recherche scientifique, les pratiques professionnelles et les décisions publiques.
Samyr LUKOMBO