Alors que Kinshasa et Kigali peinent toujours à parler le même langage, malgré la signature de l’Accord de paix de Washington sous les auspices des États-Unis d’Amérique, les hostilités se poursuivent sur le terrain entre les forces gouvernementales et la rébellion AFC/M23, appuyée par le Rwanda et devenue le Front pour la Refondation de la nation (FRN) dans l’Est de la RDC, l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, représentant permanent de la République démocratique du Congo (RDC) auprès de l’Organisation des Nations unies (ONU), appelle à la mise en œuvre effective des engagements de paix, soulignant que les efforts consentis par Kinshasa doivent s’accompagner de mesures concrètes, parallèles et vérifiables de la part de Kigali.
Intervenant lors d’une session du Conseil de sécurité de l’ONU axée sur la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs et sur les efforts diplomatiques, notamment l’Accord de Washington visant à rétablir la paix et la sécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo, l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay insiste sur la nécessité de clarifier les responsabilités des parties et de garantir le respect des engagements internationaux. Abordant la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), le diplomate congolais réaffirme la volonté de Kinshasa de poursuivre les mesures annoncées en matière de désarmement, de cantonnement et de rapatriement, conformément aux modalités convenues et sous réserve d’une vérification appropriée
« La République démocratique du Congo poursuit les mesures annoncées concernant les FDLR, notamment les actions de désarmement, de cantonnement et de rapatriement, selon les modalités convenues et sous vérification appropriée. Elle entend continuer à traiter cette question de manière responsable et transparente » a déclaré mardi 13 septembre 2026 l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay.
Toutefois, pour le représentant permanent de la RDC auprès de l’ONU, les efforts déployés par Kinshasa doivent être suivis d’actes concrets de la part du Rwanda. Il appelle ainsi à une mise en œuvre parallèle et vérifiable des engagements pris, conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies et aux engagements pertinents du processus de Washington
L’ambassadeur insiste notamment sur la nécessité de ne pas confondre les responsabilités des deux pays ni d’utiliser les engagements de l’une des parties pour retarder ceux de l’autre
« Les progrès accomplis par la RDC doivent toutefois recevoir une réponse concrète, parallèle et vérifiable de la part du Rwanda, conformément à la résolution 2773 et aux engagements pertinents du processus de Washington. La réciprocité ne signifie ni confusion de responsabilités ni droit de différer l’exécution d’une obligation internationale. Il importe de souligner que la mise en œuvre des mesures relatives aux FDLR ne saurait constituer une condition préalable au retrait des forces rwandaises, à la cessation de leur soutien à l’AFC/M23 ou au respect de l’intégrité territoriale de mon pays » a fait savoir l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, représentant permanent de la République démocratique du Congo (RDC) auprès de l’Organisation des Nations unies (ONU)
Au-delà des engagements politiques et sécuritaires, la RDC souhaite que la question des effectifs des FDLR soit traitée sur la base de données fiables et vérifiables. À cet effet, l’ambassadeur demande au Conseil de sécurité de s’appuyer sur le Groupe d’experts du Comité des sanctions compétent afin d’établir un état de référence crédible concernant les effectifs de ce mouvement armé. Il préconise également une évaluation régulière des progrès accomplis
« En ce qui concerne les effectifs des FDLR, la République démocratique du Congo demande au Conseil, au travers du Groupe d’experts du Comité des sanctions, un état de référence crédible et vérifiable, puis une évaluation régulière des progrès accomplis » a ajouté le diplomate congolais
S'agissant de la question relative à la cessation des hostilités, le représentant permanent de la RDC appelle le Conseil de sécurité des Nations unies à veiller à l’application effective des engagements de cessez-le-feu et au renforcement rapide des mécanismes de vérification sur le terrain. Il met l’accent sur le renforcement du Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE+) avec l’appui approprié de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), dans le strict respect de son mandat
« La République démocratique du Congo invite le Conseil de sécurité à veiller à la mise en œuvre effective des engagements de cessez-le-feu et au renforcement rapide des mécanismes de vérification, notamment le MCVE+, avec l’appui approprié de la MONUSCO, conformément à son mandat. Ces mécanismes doivent disposer des moyens nécessaires pour établir, de manière indépendante, impartiale et crédible, les faits relatifs aux mouvements de troupes, aux violations du cessez-le-feu et au soutien transfrontalier aux groupes armés » a soutenu le diplomate congolais
La crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo demeure une préoccupation majeure pour les autorités congolaises et la communauté internationale. D’où la promotion et la mise en œuvre des processus de Washington, entre Kinshasa et Kigali, sous les auspices des États-Unis d’Amérique, et de Doha entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23 devenue le Front pour la Refondation de la Nation (FRN) avec l’accompagnement de l’Union africaine et un soutien rwandais dénoncé par les autorités congolaises
Les affrontements impliquant l’AFC/M23, désormais désignée comme le FRN dans le texte, sous l’autorité de Joseph Kabila, dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, les tensions entre Kinshasa et Kigali ainsi que les conséquences humanitaires du conflit continuent de mettre à l’épreuve les efforts diplomatiques visant à restaurer la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs. Face à la persistance de l’écart entre les avancées diplomatiques et la réalité sur le terrain, des voix s’élèvent pour appeler les différentes parties au respect des engagements pris dans le cadre de ces différentes initiatives
Clément MUAMBA