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« Ces obligations ne peuvent être reportées à une échéance indéfinie»:à l’ONU, Kinshasa exige l’application intégrale de la résolution 2773

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Le représentant permanent de la République démocratique du Congo auprès des Nations unies, l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay a réaffirmé l’attachement de son pays à sa souveraineté et à son intégrité territoriale alors que la rébellion de l’AFC/M23 appuyée par le Rwanda et qui vient de changer de dénomination pour devenir le Front pour la Refondation de la Nation (FRN) continue d’occuper de vastes pans des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu dans l’Est de la RDC. 

Au cours de cette session du Conseil de sécurité de l’ONU, tenue sous la présidence de la Grèce et axée sur la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs, plus particulièrement en RDC, il a appelé à l’application intégrale de la résolution 2773 du Conseil de sécurité, notamment à la cessation de tout soutien extérieur à l’AFC/M23 et au retrait des forces rwandaises du territoire congolais. Devant les Nations unies, l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay a réitéré la détermination de son pays à défendre son indépendance, son unité nationale et ses frontières internationalement reconnues. 

« La République démocratique du Congo réaffirme, avec la plus grande fermeté et sans la moindre ambiguïté, son attachement indéfectible à sa souveraineté, à son indépendance, à son unité nationale, à son intégrité territoriale et au respect absolu de l’inviolabilité de ses frontières internationalement reconnues. Elle condamne avec la plus grande vigueur la poursuite de l’offensive menée par les Forces de défense rwandaises et leurs supplétifs de l’AFC/M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, telles que relevées par le Conseil de sécurité dans sa résolution 2773 » a déclaré le diplomate congolais mardi 13 octobre 2026, lors de sa prise de parole. 

Dans un autre registre, le représentant de la RDC auprès de l’ONU dénonce l’établissement d’administrations parallèles dans les territoires occupés. Pour Kinshasa, ces structures portent atteinte à l’autorité de l’État et ne peuvent en aucun cas se substituer aux institutions légalement établies. 

« L’instauration d’administrations parallèles dans les territoires occupés constitue une violation manifeste de la souveraineté de la RDC, une remise en cause directe de l’autorité légitime de l’État et une tentative inacceptable d’institutionnalisation du fait accompli. De telles structures, établies en dehors de tout cadre constitutionnel et légal, ne sauraient en aucun cas conférer une quelconque légitimité à une occupation de fait ni produire d’effets juridiques susceptibles de remettre en cause l’autorité souveraine de l’État congolais » a souligné le diplomate congolais. 

À cette occasion, l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay a insisté sur la nécessité d’appliquer intégralement la résolution 2773 sans interprétation sélective ni conditions susceptibles d’en retarder l’exécution.

« La résolution 2773 doit être appliquée intégralement, sans interprétation sélective ni conditionnalité inversée. Cela exige notamment la cessation immédiate de tout soutien extérieur à l’AFC/M23, le retrait des forces rwandaises du territoire congolais et la fin de toute action visant à consolider par la force des gains territoriaux. Ces obligations ne peuvent être reportées à une échéance indéfinie ni subordonnées à des exigences unilatérales qui videraient les décisions du Conseil de leur substance » a déclaré l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay. 

Tout en réaffirmant son droit à défendre sa souveraineté, la RDC dit privilégier les voies politiques et diplomatiques pour répondre aux préoccupations sécuritaires dans la région des Grands Lacs. 

« Pays épris de paix, la République démocratique du Congo croit fermement que les préoccupations sécuritaires des États de la région doivent être traitées par des voies politiques, diplomatiques et des vérifications convenues, dans le respect du droit international. Aucune préoccupation sécuritaire, réelle ou alléguée, ne saurait justifier une intervention militaire sur le territoire d’un État voisin, l’occupation de ses localités, la transplantation de ses populations et le soutien à des groupes armés qui compromettent sa souveraineté » a fait savoir l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay.

La délégation congolaise a également salué le rapport de l’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies relatif à la mise en œuvre de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région des Grands Lacs. Kinshasa a exprimé sa reconnaissance pour la qualité de ce document, tout en relevant les défis persistants liés à la situation sécuritaire et humanitaire dans la région.

« La République démocratique du Congo remercie l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour la qualité de son rapport et prend note de son rapport publié sous la cote S/2026/782, relatif à la mise en œuvre de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo et la région des Grands Lacs. Ce rapport souligne la persistance des hostilités, l’occupation de portions du territoire national par des groupes armés et les souffrances continues des populations civiles, malgré les initiatives diplomatiques engagées » a déploré le diplomate congolais. 

Au regard de ce tableau présenté, la RDC appelle à dépasser les déclarations d’intention pour privilégier des mesures concrètes, accompagnées de mécanismes de suivi et de redevabilité reposant sur des faits vérifiables. 

« La priorité n’est donc plus d’accumuler les déclarations d’intention, mais de garantir la mise en œuvre intégrale des engagements souscrits et des décisions du Conseil, assorties de mécanismes de redevabilité sur la base de faits vérifiables » a insisté le représentant de la RDC auprès de l’ONU.

La crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo demeure une préoccupation majeure pour les autorités congolaises et la communauté internationale. D’où la promotion et la mise en œuvre des processus de Washington, entre Kinshasa et Kigali, sous les auspices des États-Unis d’Amérique, et de Doha entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23 devenue le Front pour la Refondation de la Nation (FRN) avec l’accompagnement de l’Union africaine et un soutien rwandais dénoncé par les autorités congolaises. 

Les affrontements impliquant l’AFC/M23, désormais désignée comme le FRN dans le texte, sous l’autorité de Joseph Kabila, dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, les tensions entre Kinshasa et Kigali ainsi que les conséquences humanitaires du conflit continuent de mettre à l’épreuve les efforts diplomatiques visant à restaurer la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs. Face à la persistance de l’écart entre les avancées diplomatiques et la réalité sur le terrain, des voix s’élèvent pour appeler les différentes parties au respect des engagements pris dans le cadre de ces différentes initiatives. 

Clément MUAMBA


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